Le transporteur, qui embauche entre 150 et 250 personnes selon les saisons, a mandaté un lobbyiste pour plaider sa cause auprès de huit ministères et organismes.

Pascan Aviation en difficulté

Pascan Aviation, le plus gros transporteur aérien régional du Québec, éprouve des difficultés financières qui l'obligent à cogner à la porte du gouvernement provincial pour se renflouer.
L'entreprise aérienne, qui a un chiffre d'affaires annuel de 50 millions $ et embauche entre 150 et 250 personnes selon les saisons, a mandaté un lobbyiste pour plaider sa cause auprès de huit ministères et organismes de l'État québécois. Les Affaires municipales, la Santé, les Transports, le Conseil du trésor et Investissement Québec en font partie.
«Pascan Aviation connaît présentement une situation difficile. Pascan demande au gouvernement de l'aide financière, soit par subvention [selon les programmes disponibles] ou d'un prêt remboursable [montant indéterminé] afin de poursuivre ses activités de transporteur aérien privilégié au Québec, de préserver des emplois spécialisés et de faciliter le déplacement des travailleurs dans toutes les régions du Québec», résume le mandat accordé à Jean-René Gagnon.
Pascan Aviation est un fleuron de l'industrie aérienne québécoise. Fondée en 1999 par un ancien du Service aérien gouvernemental, Serge Charron, la PME est aujourd'hui propriétaire de 26 avions pouvant transporter de 8 à 42 passagers selon le modèle. Dix-sept destinations sont desservies au Québec, au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve-Labrador, publicise le site Web. Jusqu'à une cinquantaine de vols peuvent être programmés chaque jour.
À la différence de plusieurs petites entreprises aériennes locales qui répondent aux demandes pour des vols nolisés, Pascan offre des départs planifiés, à heures fixes, pour plusieurs villes dans le nord et l'est de la province, de l'Abitibi aux Îles-de-la-Madeleine. Le transporteur, dont le siège social est situé à l'aéroport de Saint-Hubert, près de Montréal, est souvent le seul concurrent d'Air Canada Jazz dans les régions.
Ralentissement
Dans sa dernière entrevue accordée à QMI, en janvier, le président Serge Charron ne cachait pas que la dernière année a été difficile en raison du ralentissement de l'activité minière, mais manifestait son intention de rebondir.
Lundi, seul le lobbyiste Jean-René Gagnon a rappelé Le Soleil. Il a assuré que la survie de l'entreprise n'était «pas du tout» menacée et qu'il n'était pas question pour le moment de diminuer les services en région.
«Ce n'est pas un secret pour personne que le Plan Nord a été beaucoup moins actif et a créé un manque d'achalandage temporaire», a répété M. Gagnon. Son rôle est de «démontrer au gouvernement le rôle que joue Pascan dans le développement économique régional». Un plan de relance chiffré est en préparation et sera remis dans les prochaines semaines aux ministères et organismes interpellés.
Appel à l'aide entendu
Il n'existe pas de programme de subvention destiné précisément à l'industrie du transport aérien au Québec. L'appel à l'aide de Pascan a cependant été entendu par Investissement Québec, le bras financier du gouvernement provincial, qui a financé l'entreprise en 2012 pour un montant qui n'est pas dévoilé. «Nous sommes toujours en discussion avec eux. Il n'y a rien de concrétisé», a indiqué Chantal Corbeil, porte-parole de l'organisation.
En 2013, Pascan avait attiré l'attention à Québec en refusant de récolter les nouveaux frais d'aviation générale imposés par l'aéroport international Jean-Lesage. Le litige, qui s'est transporté devant les tribunaux, a fait l'objet d'une entente à l'amiable.
Parmi les effets connus, notons qu'à partir du 1er septembre, les vols planifiés de Pascan transiteront désormais par le terminal de l'aéroport plutôt que par les installations privées de la compagnie à proximité. Les clients auront ainsi accès aux services de l'aérogare et les correspondances seront facilitées, souligne le porte-parole d'Aéroport de Québec inc., Jonathan Trudeau.