Martin Ouellet et Pascal Bérubé réclament du ministre des Transports, François Bonnardel, des réponses dans la crise des traversiers, qui frappe les deux régions qu’ils représentent.

Pascal Bérubé constate les désagréments de la traverse Tadoussac/Baie-Sainte-Catherine

BAIE-COMEAU – Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a vécu jeudi ce que nombre de Nord-Côtiers ont déjà connu : un bris à la traverse Tadoussac/Baie-Sainte-Catherine. Ce pépin a donc conforté chez lui ce qu’il croyait déjà : il faut un pont sur le Saguenay afin d’éviter ces interruptions de service.

«En partant de Québec pour venir ici (à Baie-Comeau), on se disait que ça irait bien parce qu’on n’avait pas besoin de traverser à Matane, mais en arrivant à Baie-Sainte-Catherine, c’était une autre histoire», a lancé M. Bérubé, accompagné dans sa mésaventure du leader parlementaire du parti et député de René-Lévesque, Martin Ouellet.

«Les gens venaient nous voir et nous disaient : aidez-nous, défendez-nous. Il y en a une solution et elle est toute trouvée, c’est un pont sur le Saguenay», a-t-il clamé. On se rappellera qu’en raison d’un bris, le traversier Jos-Deschênes II a heurté jeudi après-midi le quai de Baie-Sainte-Catherine. Le navire est hors service quelques semaines tandis que les réparations au quai de Baie-Sainte-Catherine devaient prendre presque toute la journée de vendredi, selon la Société des traversiers du Québec (STQ).

Parlant de STQ, MM. Ouellet et Bérubé estiment tous deux qu’elle «avait perdu toute crédibilité» dans ce que M. Bérubé a appelé «la crise des traversiers» et qu’elle était devenue «une société-écran pour que le gouvernement puisse se déresponsabiliser». Pascal Bérubé réclame d’ailleurs du ministre des Transports qu’il prenne «sa responsabilité ministérielle» dans le dossier des traversiers. «Ce ne serait pas prématuré qu’il le réalise, qu’il doit être notre interlocuteur», a-t-il ajouté.

Son collègue Martin Ouellet a pour sa part réclamé que le bureau de projet du pont, une promesse gouvernementale pour laquelle plus de 10 M$ sont prévus au Plan québécois des infrastructures pour 2019-2020, prenne enfin vie. Les travaux de ce bureau devaient débuter par une étude de faisabilité du fameux pont, mais rien n’a encore bougé.

«On ne comprend pas pourquoi on ne règle pas cet enjeu afin de voir comment ça peut coûter. Lancez l’appel d’offres pour qu’on valide les chiffres. Ensuite, les politiciens se prononceront à savoir si ça peut se faire ou non», a déclaré le député, invitant au passage le premier ministre François Legault à éviter de se commettre dans ce dossier avant de voir les chiffres.

«Quand on entend que le troisième lien (à Québec), c’est pour l’est du Québec, lâchez-nous avec ça», de renchérir Pascal Bérubé. «Ce que ça prend, ce sont des traversées fiables, un pont sur le Saguenay, le prolongement de la 138 jusqu’à Blanc-Sablon et un transport aérien qui ne coûte pas un fonds de pension à utiliser.»

Le chef intérimaire du PQ en avait aussi long à dire sur «la crise des traversiers», crise qui met notamment en vedette le F.-A.-Gauthier, hors service depuis maintenant près d’un an. M. Bérubé veut notamment savoir quel est l’échéancier pour le retour en service du navire et quel est l’avenir du Saaremaa I, qui assure la liaison Matane-Côte-Nord en attendant le retour du F.-A.-Gauthier. Certains croient que ce navire pourrait prendre la relève du Trans Saint-Laurent à la traverse Saint-Siméon/Rivière-du-Loup.

M. Ouellet s’est quant à lui dit surpris de constater que le gouvernement refuse de s’impliquer dans les travaux de réparation de l’Héritage I, qui aurait besoin d’environ 6 M$ pour continuer son service entre Trois-Pistoles et Les Escoumins.

«Le conseil des ministres ne veut pas revivre l’Apollo, mais les deux situations sont bien différentes. L’Apollo, c’est une décision bête d’acheter un bateau sans l’inspecter, tandis que l’Héritage I, ça a été le bateau le plus fiable de l’été. Je me serais vraiment attendu à ce qu’on l’aide.»