Vérification faite auprès du CHU de Québec, aucun projet-pilote ou protocole semblable à celui impliquant la Clinique médicale Val-Bélair pour soulager l’urgence de l’Hôpital Chauveau n’a encore été mis en place.

Pas de protocole de redirection de patients au CHU de Québec

Le CHU de Québec n’a toujours pas de projet-pilote ou de protocole pour rediriger les patients dont la condition médicale est non urgente vers des cliniques ou des supercliniques et ainsi désengorger les urgences de ses cinq hôpitaux.

Lundi, Le Soleil faisait état d’un projet-pilote mis en place il y a cinq mois par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale et le groupe de médecine familiale (GMF) de la Clinique médicale Val-Bélair visant à la fois à soulager l’urgence de l’Hôpital Chauveau et à augmenter le taux d’assiduité du GMF. 

En vertu de ce projet-pilote, les patients cotés «P-5» (priorité 5, ou non urgents) qui ont un médecin à la Clinique médicale Val-Bélair sont invités par l’infirmière de triage à consulter celui-ci dans les 24 ou 48 heures. 

Si le projet n’est pas très concluant jusqu’à maintenant, les patients étant encore peu nombreux à accepter d’être redirigés vers leur clinique, le CIUSSS entend le poursuivre, tout en convenant qu’il reste beaucoup de travail à faire pour changer la culture de la population et la convaincre de consulter «à la bonne place».

Vérification faite auprès du CHU de Québec, qui gère le CHUL, l’Hôtel-Dieu de Québec et les hôpitaux du Saint-Sacrement, de L’Enfant-Jésus et Saint-François-d’Assise, aucun projet-pilote ou protocole de ce genre n’a encore été mis en place.

En avril dernier, le responsable d’une superclinique de Québec avait réclamé en entrevue au Soleil que les urgences des hôpitaux du CHU de Québec leur réfèrent davantage de patients P-4 (moins urgents) et P-5. L’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait endossé cette proposition. «Non seulement nous sommes d’accord avec cette proposition, c’est même ce qu’on demande aux établissements», nous avait dit son attachée de presse.

Le CHU de Québec nous avait alors confirmé n’avoir aucun protocole pour rediriger les patients classés P-4 ou P-5. «Ça fait partie des choses qui s’évaluent, mais ce n’est pas pour demain. Pour en arriver à un tel protocole, il faudrait mettre en place des critères très précis», avait expliqué une porte-parole de l’établissement, Lindsay Jacques. 

Au même point

Six mois plus tard, on en est essentiellement au même point. Aucun protocole n’a encore été testé ou mis en place, «mais on y travaille», assure Pierre-Patrick Dupont, de la direction «clientèle» des urgences du CHU de Québec, précisant suivre attentivement ce qui se fait ailleurs. 

«On a une particularité à Québec : le CHU de Québec a les cinq [grosses] urgences, mais les cliniques, les supercliniques et les GMF relèvent du CIUSSS», expose M. Dupont. En comparaison, dans des régions comme Montréal, où des expériences de redirection de patients ont été menées et ont semblé concluantes, le CISSS est à la fois responsable des cliniques et des urgences, souligne-t-il.

Pierre-Patrick Dupont dit avoir des discussions avec le ministère de la Santé et le CIUSSS de la Capitale-Nationale pour planifier correctement, de façon «sécuritaire» et «pérenne», la réorientation des patients P-5. 

«Il faut orchestrer ça comme il faut», s’assurer que les cliniques peuvent accueillir les patients et que ceux-ci peuvent se déplacer facilement d’un endroit à l’autre, illustre M. Dupont, selon qui il y a aussi de l’éducation et de la sensibilisation à faire auprès de la population. «Je veux bien faire de la réorientation de patients, mais il y a une partie qui appartient à la population», dit-il.

Pour rappel, six supercliniques peuvent accueillir les patients sans médecin de famille à Québec : La Cité médicale et la Clinique médicale Saint-Louis dans le secteur de Sainte-Foy, Proactive Santé au centre-ville, La Clinique médicale Le Mesnil et MAclinique Lebourgneuf dans Lebourgneuf et, enfin, la Clinique médicale des Promenades, dans Beauport.