Le dossier de présentation stratégique, détaillant quatre scénarios de remplacement du pont de l'Île-d'Orléans, sera soumis au Conseil des ministres pour décision au cours de l'année.

Pas de PPP pour le pont de l'Île-d'Orléans

Pas question de partenariat public-privé (PPP) pour le futur pont de l'Île-d'Orléans. Cette possibilité ne sera même pas étudiée par le gouvernement du Québec, malgré la politique-cadre sur la gouvernance des grands projets d'infrastructure publique, qui prévoit une évaluation systématique du mode de réalisation.
Les fonctionnaires du ministère des Transports du Québec (MTQ) planchent actuellement sur le dossier d'opportunité, ou dossier de présentation stratégique, de ce projet majeur tournant autour de 400 millions $.
Le mémoire, détaillant quatre scénarios de remplacement du vieux pont de 1935, sera soumis au Conseil des ministres pour décision au cours de l'année. Il comportera des informations sur les avantages et les inconvénients, les tracés, les caractéristiques techniques et l'échéancier de chaque option (pont conventionnel, pont haubané, jetée ou tunnel). La facture fera également l'objet d'une attention particulière, mais pas le mode de réalisation.
Le ministre des Transports Sylvain Gaudreault rejette d'emblée le scénario du partenariat public-privé. «Pour moi, ce n'est pas un scénario envisageable», dit-il.
Le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, a annoncé dès le premier budget péquiste, en novembre 2012, que l'approbation des grands projets par le Conseil des ministres ne se ferait plus sans une juste évaluation des coûts. Celle-ci devra d'ailleurs être scrupuleusement respectée par la suite, au risque de parader à nouveau devant les élus.
Le gouvernement a aussi annoncé son intention de modifier la politique-cadre sur la gouvernance des grands projets d'infrastructure publique, adoptée par les libéraux au moment de la création d'Infrastructure Québec. L'évaluation du mode de réalisation - public, privé ou un mélange des deux - y est obligatoire maintenant, mais ne le sera bientôt plus.
Après l'adoption à l'automne de la nouvelle Loi sur les infrastructures publiques, le Secrétariat du Conseil du trésor (SCT) planche actuellement sur une directive concernant la gestion des projets majeurs «afin de déterminer les autorisations de même que le contenu des documents requis selon les étapes de la gestion du projet». Cette directive doit être publiée au cours des prochaines semaines, selon Jean Auclair, porte-parole du SCT.
La politique-cadre pourrait donc être chose du passé quand le dossier d'opportunité du prochain pont de l'Île-d'Orléans sera déposé au Conseil des ministres.
Ces dernières années, le pont de l'autoroute 25, dans la région de Montréal, a été construit en PPP. Les automobilistes doivent payer quelques dollars pour l'emprunter. Deux autres ponts de bonne taille jalonnent aussi le prolongement de l'autoroute 30 réalisé en PPP, un au-dessus du canal de Beauharnois et l'autre au-dessus du fleuve Saint-Laurent. Le gouvernement fédéral envisage également un PPP et un péage pour le futur pont Champlain.
Avec Simon Boivin