Lundi soir, le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, participait à l’investiture du candidat de son parti, Sylvain Barrette, dans la circonscription de Jean-Talon. L’élection partielle aura lieu le lundi 2 décembre.

Partielle dans Jean-Talon: ramener les «caquistes de passage» dans le giron du PQ

Quatrième il y a un an aux élections générales, le candidat du Parti québécois (PQ) pour l’élection partielle dans Jean-Talon veut ramener les «caquistes de passage» dans son giron. «Je m’attends à ce que tous les souverainistes s’unissent. À ce moment-là, on va redevenir très forts», prédit Sylvain Barrette.

Claveciniste et organiste accompli, M. Barrette ressentait le trac comme avant un concert, lundi après-midi. Quelques heures plus tard, à Sainte-Foy,  il a livré son discours d’investiture devant élus, membres et sympathisants du PQ, ainsi que devant les deux députées bloquistes de la région.

Il se présente à nouveau dans une circonscription qui, au provincial, a toujours choisi le Parti libéral du Québec (PLQ). D’aussi loin que la création du district électoral, en 1965.

Une majorité qui «fond»

En 2018, le député libéral depuis démissionnaire Sébastien Proulx a toutefois obtenu la plus faible majorité en 20 ans, soit 1363 voix devant la caquiste Joëlle Boutin, 4 %. De son côté, M. Barrette et le PQ avaient fini avec 6157 votes de retard sur M. Proulx et le PLQ.

«La majorité libérale fond depuis 20 ans, dans Jean-Talon», indique M. Barrette, se gardant de souligner l’écrasante majorité de 7668 voix obtenue par Yves Bolduc, en 2014. Mais pour le reste, il a plutôt raison.

«Et les souverainistes avaient toujours fini deuxièmes, poursuit-il. Sauf qu’en 2018, le vote souverainiste s’est séparé en trois. Dans l’urgence de vouloir se débarrasser du gouvernement Couillard, plusieurs sont allés vers la Coalition avenir Québec (CAQ). Même que certains membres du PQ m’ont dit qu’ils ont voté pour la CAQ tellement ils étaient tannés des libéraux!

«D’autres sont allés du côté de Québec solidaire. Mais nous sommes le seul parti souverainiste sans condition! On va ramener les caquistes de passage qui sont pris dans un cul-de-sac avec le nationalisme fédéraliste de la CAQ», fait-il valoir.

L’homme de 61 ans est retraité de l’enseignement depuis cinq ans. Il a été professeur de musique à l’école primaire pendant 20 ans. Il a toujours poursuivi en parallèle sa carrière de musicien qui, après le conservatoire à Québec, l’a amené à vivre à Montréal et à Vienne, en Autriche. 

Il s’est intéressé à la politique très jeune et se dit «adepte de l’indépendance depuis toujours». Son implication au PQ remonte à quatre ou cinq ans. Sa candidature aux élections de l’an dernier était sa première.

Si Jean-Talon est à première vue un château fort libéral, rappelons que Margaret Delisle avait arraché le premier de ses trois mandats par une minuscule priorité de 25 voix aux dépens de la péquiste Diane Lavallée, en 1994. Puis même chose quatre ans plus tard, quand Mme Delisle l’a emporté par seulement 156 votes de plus que Daniel-Mercier Gouin, aussi du PQ.

+

LE VOTE CONFIRMÉ POUR LE 2 DÉCEMBRE

Devenue un secret de Polichinelle, la date du lundi 2 décembre pour l’élection partielle dans la circonscription provinciale de Jean-Talon, à Québec, est confirmée.

Lundi matin, «à l’issue d’une séance spéciale du Conseil des ministres, il a été décidé que l’élection partielle, dans la circonscription de Jean-Talon, aura lieu le 2 décembre», a déclaré le cabinet du premier ministre François Legault, par communiqué.

Tenue tout juste 14 mois après les élections générales provinciales du 1er octobre 2018, cette élection partielle devient nécessaire pour combler le vide laissé par la démission du député libéral Sébastien Proulx, fin août.

L’annonce officielle dimanche de la candidature de Joëlle Boutin pour la Coalition Avenir Québec ne laissait plus aucun doute. Surtout que sur les affiches électorales de Mme Boutin, on pouvait bien lire «Votez le 2 décembre 2019»...

Le Parti libéral confirmera mardi la candidature de Gertrude Bourdon, ex-pdg du CHU de Québec et troisième aux élections de 2018 dans le comté de Jean-Lesage, sous l’enseigne libérale.

Le Parti québécois fait confiance à Sylvain Barrette, nommé lundi soir, lui qui a terminé quatrième en 2018 derrière M. Proulx, Mme Boutin et Patrick Provost, de Québec solidaire.

Chez Québec solidaire, quatre personnes concourront mercredi soir pour l’investiture : Frédéric Poitras, José-Frédérique Biron, Olivier Bolduc et Cédrik Verreault. Conseiller du maire de Québec, M. Poitras a été recruté et appuyé par la porte-parole du parti, Manon Massé, alors que la députée solidaire de la circonscription voisine de Taschereau, Catherine Dorion, lui a aussi déclaré son appui public, lundi matin.