Le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration Simon Jolin-Barrette
Le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration Simon Jolin-Barrette

Parrainage des réfugiés: près de la moitié des demandes refusées, tout le programme révisé

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Fini d’attendre en ligne pendant des jours pour faire partie des élus du lundi matin, à l’ouverture des bureaux du ministère de l’Immigration. Fini le système de coursiers et de messagers tant décrié. Mais plus que ça, tout le programme de parrainage des réfugiés sera révisé pour éviter que près de la moitié des dossiers soient refusés.

Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) du Québec a reçu 1222 demandes de parrainage de réfugiés pour la période s’étalant du 20 janvier au 5 juin. On savait déjà qu’au plus 750 seraient acceptées, selon des quotas fixés dans cinq catégories.

En fin de compte, c’est encore moins qui ont le feu vert. Seulement 642, soit 86 % de la capacité globale. Près de la moitié des parrains ont essuyé un refus, 580 sur 1222 (47 %). Les 108 places restantes ne seront pas redistribuées.

L’affluence diffère beaucoup de l’une à l’autre des catégories de demandes traitées par la direction de l’immigration familiale et humanitaire (DIFH) du MIFI.

Les demandes se concentrent dans deux catégories. Les groupes de deux à cinq personnes accaparent presque la moitié des demandes (549), soit 45 %, mais seulement 13 % des acceptations (100). Avec les organismes réguliers de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), on grimpe à 72 % des demandes (880) pour 40 % des dossiers acceptés (300).

De l’autre côté, les trois autres catégories n’atteignent même pas leur maximum de demandes. Les organismes réguliers en dehors de la Communauté métropolitaine de Montréal n’ont soumis que 41 dossiers sur une possibilité de 100.

Plus d’immigration en régions

«On constate que ce n’est pas seulement le processus de réception des demandes qui pose problème, mais le programme lui-même. Il faut le revoir complètement. La question des quotas dans les sous-catégories fera certainement partie de la réflexion», constate l’attachée de presse de Simon Jolin-Barrette, le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.

«Les quotas ont notamment été fixés dans un objectif de régionalisation, afin de contribuer au développement et à la vitalité de toutes les régions du Québec. Mais les chiffres nous démontrent que ce n’est vraiment pas optimal, explique Élisabeth Gosselin.

«Les demandes excédentaires ont été présentées par des organismes de la CMM et par des groupes de deux à cinq, dont la grande majorité sont aussi dans la région métropolitaine. Ce sont des éléments qu’on doit analyser et dont on doit aussi tenir compte dans notre réflexion. Le défi de la régionalisation ne date pas d’hier. Nous le savons, 70 % de l’immigration se concentre à Montréal.»

Les critères du programme ont hérité du gouvernement précédent.

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