Gabriel Laurence-Brook est le premier ministre de la législature du Parlement jeunesse, qui se tient jusqu’au 30 décembre à l’Assemblée nationale.

Parlement jeunesse : débattre pour bâtir des ponts

La législature du Parlement jeunesse, qui s’est ouverte le 26 décembre dernier, a une saveur particulière, le thème de l’inclusion se trouvant au centre du discours d’ouverture du lieutenant-gouverneur de la simulation parlementaire, le président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi.

Près d’une centaine de jeunes sont réunis jusqu’au 30 décembre à l’Assemblée nationale pour débattre de projets de loi sur des sujets aussi variés que l’autosuffisance alimentaire ou la nationalisation du travail du sexe. 

Mais cette 68e législature n’a pas manqué de laisser de la place à la défense de certaines valeurs, dont celles de l’ouverture envers les immigrants et les communautés ethniques et culturelles. 

«On est vraiment fier d’avoir pu souligner à notre manière ce qui s’est passé à Québec en janvier dernier, et témoigner de notre solidarité envers les communautés qui se sont senties attaquées à ce moment-là. Le Parlement jeunesse fait sien, cette année, le combat contre l’intolérance, et tente de bâtir des ponts dans toutes les communautés», a avancé le premier ministre de cette législature, Gabriel Laurence-Brook, en entrevue au Soleil

Ouverture

Dans son discours d’ouverture, le lieutenant-gouverneur de la législature, qui a notamment pour rôle de livrer un message aux jeunes parlementaires, avait bien en tête la tragédie du 29 janvier, où un tireur a abattu six croyants et en a blessé cinq autres dans une mosquée de la capitale. 

«Plusieurs forces vives de la société civile parlent de vivre-ensemble. Mon invitation à participer au 68e Parlement jeunesse cadre très bien dans cet effort pour construire ce vivre-ensemble», a-t-il dit. 

La diversité et la place accordée aux immigrants dans la société québécoise a aussi été abordée dans son discours. «Qu’on se le dise, nous sommes aujourd’hui le résultat d’un extraordinaire métissage culturel et ethnique, qui contribue à définir qui nous sommes. Les uns ont immigré en provenance de la France aux 17e siècle, les autres immigré d’Irlande, de la Grande-Bretagne, d’Italie, de la Grèce, du Portugal, d’Haiti, du Vietnam ou encore du maghreb arabe. [...] En clair, notre identité s’est toujours alimentée de ces flux migratoires. Le visage du Québec est pluriel depuis son existence même. Le nier, c’est renier une partie de soi-même.»

Dans son appel à accepter les autres malgré leurs différences, M. Labidi a terminé son discours en rappelant l’importance pour la société d’accueil d’intégrer les nouveaux arrivants. «Nous souhaitons que les êtres humains soient considérés pour la valeur de leurs idées et leur contribution à la collectivité. [...] Nous souhaitons voir le coeur de cette nation vibrer en toute harmonie comme le ferait le coeur d’un seul homme, ou d’une seule femme.»

Désir de représentation

«Au Parlement jeunesse, tout se fait dans le respect. On a le droit de parler de tout, mais tout est dans la manière. Je pense que ça a trouvé écho auprès des participants», a commenté M. Laurence-Brook, au sujet de l’allocution du lieutenant-gouverneur et des références à l’attentat de Québec. 

Au-delà de la tribune accordée au président du Centre culturel islamique, le comité organisateur de la simulation ne cache pas sa satisfaction de voir qu’une proportion record de participants est issue des groupes ethniques minoritaires et des communautés autochtones. 

Cette année, près d’un participant sur trois fait partie d’une minorité culturelle ou ethnique.