Il aura fallu ajouter des chaises dans la salle du conseil municipal à l’hôtel de Ville de Lévis, mardi soir. Ils étaient au moins une cinquantaine à s’être déplacés pour participer à la consultation publique et pouvoir se prononcer face aux nouvelles intentions de la Ville de modifier la vocation d’une zone dans le parc des Chutes-de-la-Chaudière.

Parc des Chutes-de-la-Chaudière: une consultation publique entre développement et conservation

Il aura fallu ajouter des chaises dans la salle du conseil municipal à l’hôtel de Ville de Lévis, mardi soir. Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, présentait alors à la population le projet de règlement destiné à modifier les intentions d’aménagement au parc des Chutes-de-la-Chaudière.

Ils étaient au moins une cinquantaine à s’être déplacés pour participer à la consultation publique et pouvoir se prononcer face aux nouvelles intentions de la Ville de modifier la vocation d’une zone dans le grand parc de 84,6 hectares, à l’ouest du territoire.

«Il est toujours de l’intention de la Ville que se concrétise, à cet endroit, un projet qui permettrait de positionner le parc des Chutes-de-la-Chaudière comme étant un parc de destination ayant une offre récréative diversifiée autant intérieure qu’extérieure et bénéficiant aux citoyens de Lévis tout en étant accessible aux citoyens de l’ensemble de la région», pouvait-on lire dans un document fourni par la Ville à l’entrée de la salle. 

Un maire sur la défensive

Sentant un vent d’opposition, le maire a tenté de calmer le jeu en faisant l’apologie de sa proposition avant même d’entendre les commentaires des citoyens. «Un parc de cette envergure-là, on a besoin d’offrir un minimum de services d’accueil et c’est ce qu’on va faire, a-t-il répété. Vous allez voir, on va conserver l’intégrité du parc.»

M. Lehouillier a rappelé que la vaste majorité du parc, 96,6 % serait conservé dans son actuelle vocation récréoécologique. Toutefois, c’est la «toute petite zone» de 3,4 % qui créait un différend. Cette portion du parc, localisée à la jonction des autoroutes 20 et 73, la Ville a l’intention de la réserver à des fins récréotouristiques. 

«Il y a des gens qui ont fait circuler que l’ensemble du parc deviendrait récréotouristique. C’est complètement faux, c’est ­récréoécologique avant tout», a martelé le maire. Ce qu’il a prévu d’y aménager, a-t-il poursuivi, ce sont des sentiers pédestres, pour le vélo, la marche et l’interprétation. 

Explications «insuffisantes»

«Vous connaissez peut-être notre opinion, mais on est là pour l’exprimer à nouveau», a d’emblée lancé Gaston Cadrin, vice-­président du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM). 

«Souvent, on se fait dire qu’on n’a pas l’argent pour les créer [les parcs], alors quand on en a, on essaie de les conserver le plus possible dans leur intégralité», s’est positionné M. Cadrin, le premier citoyen à s’être exprimé devant le petit groupe d’élus. Ses propos ont d’ailleurs recueilli des applaudissements dans l’assemblée citoyenne. 

D’autres citoyens ont pour leur part démontré leur ouverture aux changements suggérés par la Ville en se prononçant en faveur de l’instauration d’une vocation récréotouristique à même le parc des Chutes-de-la-Chaudière.

«On parle de milliers de personnes qui fréquentent les chutes pendant l’année. Les retombées économiques dans la région, il n’y en a presque pas», a soulevé Gérald Boudreau, un résident du secteur Charny qui affirme avoir œuvré une trentaine d’années dans le milieu touristique à Québec. «Le progrès ne veut pas dire détruire l’environnement», a-t-il ajouté, en proposant entre autres l’ajout d’un guide touristique ou d’une salle de réception à même le site. 

En réponse à certaines craintes, la Ville a confirmé sa volonté de conserver la gratuité de l’accès au parc et des stationnements. L’apport du privé n’est pas exclu des possibilités pour l’aide à la réalisation des projets qui pourraient se retrouver dans la zone récréotouristique.