L'aéroport international Jean-Lesage se retrouve en queue de peloton dans les aéroports de sa catégorie (moins de 10 millions de passagers par année) pour plusieurs indicateurs mesurés par l'ATRS. C'est notamment le cas pour le nombre de passagers par mouvement aérien, l'efficacité et la compétitivité des coûts.

Palmarès défavorable pour l'aéroport de Québec

L'aéroport de Québec figure toujours parmi les derniers en Amérique du Nord pour sa gestion, selon le classement préparé annuellement par l'organisme Air Transport Research Society (ATRS).
Les années se suivent et se ressemblent pour l'aéroport international Jean-Lesage, identifié par les lettres YQB, qui se retrouve en queue de peloton dans les aéroports de sa catégorie (moins de 10 millions de passagers par année) pour plusieurs indicateurs mesurés par l'ATRS. C'est notamment le cas pour le nombre de passagers par mouvement aérien, l'efficacité et la compétitivité des coûts.
Les chercheurs liés à l'Université du Maryland tiennent notamment compte dans leurs calculs de l'achalandage ainsi que des revenus et des dépenses des aéroports.  
Aéroport de Québec inc., la société privée qui gère les installations portuaires, conteste ces résultats qui font mal paraître ses gestionnaires. 
«Depuis plusieurs années, nous constatons que les prémisses de l'étude sont biaisées et il en va de même pour les résultats. Nous avons d'ailleurs demandé à maintes reprises à ce que l'aéroport de Québec ne fasse plus partie de cette étude. Sachez que depuis toutes ces années, nous n'avons jamais été interpellés par les chercheurs impliqués au dossier et que nous n'avons jamais validé les chiffres qui s'y trouvent et qui nous concernent», a fait savoir jeudi Laurianne Lapierre, conseillère aux communications d'Aéroport de Québec inc. 
L'an dernier, le président Gaëtan Gagné a qualifié de «bullshit» le classement des aéroports préparé par l'ATRS. Selon lui, les auteurs devraient tenir compte du rattrapage à faire dans les infrastructures avant de poser tout verdict.
John McKenna, président et chef de la direction de l'Association du transport aérien du Canada (ATAC), convient qu'il peut être délicat de comparer des aéroports qui ne sont pas dans le même environnement économique, mais fait remarquer que seul l'aéroport de Québec conteste le classement. 
Tendances
M. McKenna juge, lui, que l'exercice a le mérite de faire ressortir des tendances. À Québec, par exemple, les dépenses en infrastructures et en main-d'oeuvre sont élevées, les prix imposés aux transporteurs aussi, tandis que les passagers ne sont pas si nombreux. «C'est un pari qu'a pris l'aéroport de Québec de supporter aujourd'hui des frais plus élevés dans l'espoir de devenir plus rentable à long terme», souligne le représentant des grands transporteurs aériens. 
Ses membres ont refusé d'approuver le nouvel agrandissement de l'aérogare car il entraîne une augmentation des frais d'améliorations aéroportuaires, déjà parmi les plus importants au Canada. Actuellement, il en coûte 35 $ par billet au départ de Québec pour financer les améliorations aux installations, contre 25 $ à Montréal. 
Les transporteurs craignent également de se voir refiler une partie de la facture via les frais d'atterrissage, qui sont aussi beaucoup plus élevés à Québec qu'à Montréal. La différence est d'environ 40 % pour les gros porteurs. 
Outre une demande insuffisante, M. McKenna croit que c'est une des raisons pour lesquelles plusieurs transporteurs américains ont réduit leur présence sinon déserté Québec ces dernières années.