Pablo Rodriguez entouré de Jean-Yves Duclos et Joël Lightbound lors d'un point de presse aux Studios unis de karaté de Vanier, samedi midi.

Pablo Rodriguez: «Le Bloc vient nous staller»

Vous doutez encore que l’élection de lundi sera serrée et les circonscriptions de Québec cruciales? Samedi, les libéraux ont mandaté un quatrième ministre en tournée dans la capitale québécoise au cours de cette campagne. Et ses attaques visaient autant les conservateurs que le Bloc.

Quatre ministres en 39 jours. Sans compter la visite éclair du chef et premier ministre sortant Justin Trudeau, le 4 octobre, ainsi que la présence quotidienne du ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, candidat libéral dans le comté de Québec.

C’est chez M. Duclos que Pablo Rodriguez a tenu un point de presse, sur l’heure du midi, aux Studios unis de karaté de Vanier. En matinée, le ministre du Patrimoine canadien et lieutenant québécois pour le Parti libéral était dans Beauport-Limoilou avec son candidat Antoine Bujold, plongé en pleine lutte à trois contre conservateur et bloquiste.

L’issue du vote dans la région, contrôlée depuis quatre ans par une majorité de députés du Parti conservateur, s’avère très incertaine et tout aussi importante dans un contexte probable de gouvernement minoritaire. La (re)montée du Bloc québécois vient brouiller les cartes dans Québec, Beauport-Limoilou et Beauport-Côte-de-Beaupré-île d’Orléans-Charlevoix.

En 2015, le Parti libéral n’a remporté que 2 des 12 comtés dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, soit Québec avec M. Duclos et Louis-Hébert avec Joël Lightbound

«Les conservateurs nous ramènent en arrière. Et le Bloc vient nous staller», lance M. Rodriguez, lui-même député sortant et candidat libéral dans la circonscription montréalaise d’Honoré-Mercier.

«Le Bloc peut avoir de bonnes idées, concède-t-il. Mais le débat, ce n’est pas de savoir qui va former la meilleure opposition. Le Bloc et le NPD se chicanent pour savoir qui va former la meilleure opposition. Ils nous disent : les autres Canadiens, eux, vont choisir le gouvernement et nous [au Québec], on va choisir l’opposition. Moi, je dis : nous, les Québécois, on a beaucoup plus d’ambition que ça. Nous aussi, on veut et on va choisir le gouvernement du Canada avec les autres Canadiens.»

Rallier les progressistes

Accompagnés de M. Lightbound, dont la circonscription couvre en gros Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge, MM. Duclos et Rodriguez ont mis de l’avant le côté social et progressiste des libéraux. Vantant l’Allocation canadienne pour enfants mise en œuvre par M. Duclos comme ministre au cours du dernier mandat.

Les bloquistes «nous disent voter pour une opposition progressiste. Nous, on dit : une opposition progressiste, c’est bien, mais un gouvernement progressiste, c’est pas mal mieux!» continue M. Rodriguez, qui suit François-Philippe Champagne, Bill Morneau et Mélanie Joly parmi les ministres passés à Québec dans cette campagne.

De l’aile plus à gauche du Parti libéral, M. Lightbound se dit convaincu que malgré les apparences, la région de Québec n’est pas plus conservatrice qu’ailleurs.

«Si on regarde les résultats de 2015, les conservateurs se sont faufilés dans plusieurs comtés parce que le vote progressiste était divisé. Cette élection-ci, beaucoup de progressistes vont se fédérer derrière le Parti libéral pour prouver que ce n’est pas vrai que Québec est une ville de droite conservatrice.

«On l’a vu récemment avec 30 000 personnes dans les rues qui marchaient pour plus d’action pour le climat, poursuit le jeune politicien de 31 ans. On a l’occasion, lundi, de faire mentir tous ceux qui disent que Québec est une ville conservatrice en se ralliant tous les progressistes derrière le Parti libéral.»

Toujours 26 semaines

Interpellés en campagne pour majorer leur promesse de faire passer de 15 à 26 semaines d’indemnisation l’assurance-emploi en cas de maladie grave, entre autres par la lettre ouverte d’un père publiée dans Le Soleil, les libéraux continuent de s’en tenir à 26 jusqu’à nouvel ordre. On réclame plutôt un minimum de 50 semaines.

«Ça fait 48 ans que le nombre de semaines n’a pas bougé, depuis 1971, souligne M. Duclos. Pour la première fois, si nous sommes élus, les prestations augmenteront de 15 à 26 semaines, tandis que le Parti conservateur dit dans sa plateforme qu’il ne va pas augmenter ça,

«C’est un premier pas dans la bonne direction. C’est quelque chose qui aurait probablement dû être fait avant et pour certains, 26 semaines ce n’est pas encore assez. On va le faire pour 2020 et on va continuer d’être l’écoute et proche des gens qui vivent ces réalités», s’est contenté de dire M. Duclos.