Ouranos survit grâce à une subvention de 10,6 millions$ [VIDÉO]

Inquiet d’avoir à fermer ses portes le 1er avril, le consortium de recherche sur le climat Ouranos pourra poursuivre ses activités grâce à une subvention de 10,6 millions $ du gouvernement du Québec.

Annoncée par le ministre de l’Environnement Benoit Charette mercredi, cette subvention permettra à l’équipe d’une cinquantaine de chercheurs de continuer le travail d’analyse des répercussions des changements climatiques jusqu’en 2021.

C’est Ouranos qui étudie par exemple l’érosion des berges en Gaspésie ou la salinité du fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Québec et de Lévis.

Alain Bourque, directeur général d’Ouranos, était soulagé de pouvoir compter de nouveau sur du financement public, car l’organisme sans but lucratif qu’il dirige est grandement sollicité par les municipalités et des acteurs privés, qui commencent à vivre les répercussions des changements climatiques. 

Ouranos avait formulé sa demande de financement sous l’ancien gouvernement libéral, mais les élections et l’installation du nouveau gouvernement de la CAQ ont fait en sorte que ce financement a pu être bouclé seulement à la dernière minute. 

Besoin du double

M. Bourque a l’intention de cogner de nouveau à la porte du gouvernement au cours des prochaines années, car il évalue qu’Ouranos aurait besoin du «double» de financement pour répondre à toutes les demandes de recherches. Selon lui, les entreprises privées auraient également intérêt à contribuer davantage à Ouranos. 

Sur les 10,6 millions $ octroyés par le gouvernement du Québec, environ le tiers provient du Fonds vert, alors que la réforme de ce fonds prévue par la CAQ n’a pas encore été annoncée. Le ministre Charette explique que cette réforme permettra d’avoir «un résultat tangible» pour chaque injection de fonds. 

Dans ce cas-ci, il considère que le financement d’Ouranos fait partie de la mission du Fonds vert, même si le consortium ne s’attaque pas à la réduction à la source des gaz à effet de serre. «Le Fonds vert, c’est travailler effectivement à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, mais c’est aussi s’adapter aux changements climatiques. Donc pour nous, le véhicule était le bon», commente M. Charette. 

M. Bourque explique que même si par magie, le Québec cessait demain matin d’émettre des gaz à effet de serre, les Québécois auraient encore à s’adapter pour les prochaines décennies aux changements climatiques en cours. «On travaille sur le deuxième chantier, qui est souvent négligé et qui est selon moi très prioritaire. C’est celui de s’adapter à la partie incontournable des changements climatiques.»