Le gouvernement souhaite corriger certains problèmes de son programme de financement aux médias «pour l’adapter à l’ère numérique».

Ottawa veut aider la presse écrite dans le prochain budget

Tout indique que la presse écrite obtiendra l’aide financière tant attendue du gouvernement fédéral lors du prochain budget et que ce financement sera distribué par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui finance les magazines imprimés et numériques ainsi que les journaux qui ne sont pas publiés quotidiennement.

La question a été abordée lors d’une rencontre jeudi entre la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, et la Fédération nationale des communications (FNC-CSN) qui compte près de 6000 membres.

«Ce qu’elle nous a dit, c’est qu’il y aurait une mesure de soutien dans le prochain budget», a affirmé la présidente du syndicat, Pascale St-Onge en ajoutant que la ministre n’avait pas précisé la formule qui serait utilisée.

La FNC-CSN a proposé plusieurs pistes d’actions dont un crédit d’impôt sur la masse salariale, qui aurait un impact à long terme, et une bonification du Fonds du Canada pour les périodiques dans l’immédiat.

«Nous, quand on a étudié la question, c’est le fonds des périodiques qui semblait être le meilleur véhicule pour introduire une mesure d’urgence dès le prochain budget et qui serait capable d’administrer des fonds destinés à la presse d’information quotidienne et hebdomadaire», a expliqué Mme St-Onge qui s’est dite rassurée par sa rencontre avec la ministre Joly.

«J’ai compris qu’elle semblait être assez d’accord que le fonds des périodiques est certainement la façon la plus facile de soutenir la presse écrite.»

Sans nier ces informations, l’attaché de presse de la ministre Joly, Simon Ross, s’est contenté de dire qu’il y aurait «des annonces au cours des prochaines semaines ou des prochains mois».

Ce fonds de 75 millions $ par année fait actuellement l’objet d’un examen. M. Ross a ajouté que le gouvernement souhaite corriger certains problèmes «pour l’adapter à l’ère numérique» puisque ce programme a été créé avant l’arrivée de l’internet.

Le premier ministre Justin Trudeau avait affirmé dans une entrevue au quotidien Le Soleil la semaine dernière qu’il était préoccupé par la crise des médias au Canada et que la décision sur une aide financière fédérale serait connue dans le prochain budget.

«Le journalisme est primordial pour une démocratie en santé, a écrit Mélanie Joly sur Twitter jeudi. Nous avons toujours supporté (sic) le journalisme local et nous allons continuer de le faire. Nous avons toujours été clair (sic): nous n’allons pas soutenir les modèles qui ne sont plus viables.»

Revirement de situation

La position du gouvernement semble avoir changé depuis une rencontre tenue en septembre entre la ministre Joly et News Media Canada, une association qui représente près de 1000 journaux quotidiens et communautaires partout au pays.

«Nous avons eu une indication de la bouche du premier ministre et de la ministre qu’il y aura une aide pour les journaux, c’est encourageant», s’est réjoui le président de News Media Canada, Bob Cox.

La situation était tout autre à sa sortie de la réunion avec la ministre en septembre. M. Cox croyait alors que le gouvernement ne fournirait aucune aide financière à l’industrie de la presse puisque les discussions n’avaient mené à aucun engagement ferme.

Une note d’information préparée pour Mme Joly avant cette rencontre et obtenue par La Presse canadienne grâce à la Loi sur l’accès à l’information lui suggérait de demander aux représentants de l’industrie ce qui serait, selon eux, «le soutien financier minimum qui ferait une différence pour l’industrie».

Ils proposaient à la ministre de transformer le Fonds du Canada pour les périodiques en un fonds de 350 millions $ pour soutenir le journalisme et donc d’injecter 275 millions $ d’argent frais.

Cela permettrait aux journaux de conserver des emplois et peut-être même d’en ajouter tout se mettant à la recherche d’un nouveau modèle d’affaires.

Les revenus publicitaires des journaux ont fondu au cours des dernières années au profit des géants du Web comme Facebook et Google.