La société Technologies Orbite se donne jusqu’au début de 2019 pour rappeler son personnel technique et d’opération/entretien de son usine de Cap-Chat dans l’espoir de redémarrer ses activités de production d’alumine de haute pureté à compter de février.

Orbite compte redémarrer son usine de Cap-Chat

MATANE — La société Technologies Orbite se donne jusqu’au début de 2019 pour rappeler son personnel technique et d’opération-entretien de son usine de Cap-Chat dans l’espoir de redémarrer ses activités de production d’alumine de haute pureté à compter de février. Avant la suspension de ses opérations en avril 2017, une quarantaine d’employés travaillaient à l’usine de la Haute-Gaspésie.

Placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) depuis le printemps 2017, Orbite tente toujours de trouver des solutions pour résoudre ses problèmes survenus avec son système de calcination, problèmes que la société attribue au fabricant de l’équipement, Outotec. À la suite de la conclusion d’une transaction avec le fournisseur finlandais, les deux entreprises ont convenu d’une entente d’approvisionnement qui devrait permettre le redémarrage des opérations à l’usine gaspésienne. «La livraison et le remplacement des briques de réfractaire requis depuis les modifications apportées au décomposeur, prévus à la fin janvier, représentent le chemin le plus critique», fait savoir Orbite par voie de communiqué. «Rien ne garantit que la société réussisse ses efforts de restructuration ou qu’elle émerge de la protection de la LACC», prévient-elle.

Ces informations sont fidèles à celles qu’avait obtenues la mairesse de Cap-Chat, Marie Gratton, lors d’un entretien avec le président et chef de la direction d’Orbite, Glenn Kelly, il y a deux ou trois mois.

Dans sa dernière mise à jour, Orbite indique qu’elle est en négociation afin d’obtenir un sursis de la société de fiducie Computershare, à qui elle devait rembourser 7,5 millions $ avant le 1er octobre. L’entreprise souhaite finaliser les travaux de modification de son calcinateur avant de lui verser le montant dû.

Lorsque Technologies Orbite s’est placée sous la protection de la LACC, elle devait près de 43 millions $ à environ 300 créanciers, dont les deux paliers de gouvernement, qui ont contribué pour quelque 25 millions $. La construction de son usine gaspésienne a connu d’importants retards et dépassements de coûts qui se sont élevés à 130 millions $.

550 emplois prévus

En juillet 2011, une étude de la firme SECOR avait évalué que la première phase industrielle du projet de production d’alumine d’Orbite devait créer 550 emplois annuels en Gaspésie. Cette étude avait suscité beaucoup d’espoir chez des gens d’affaire et des élus, tant et si bien que le préfet de La Haute-Gaspésie, Allen Cormier, et l’ancien maire de Cap-Chat, Judes Landry, avaient acheté plusieurs actions d’Orbite. Bien qu’elle dise souhaiter que l’usine puisse redémarrer, l’actuelle mairesse démontre une certaine prudence. «Fondamentalement, je suis plutôt comme Saint-Thomas, indique Mme Gratton. Quand tu vois quelque chose qui fonctionne bien, ça va. Mais pour l’instant, tout est fermé. Si ça redémarre, j’y croirai. En attendant, je me garde une réserve.»