Fin mai, Le Soleil rapportait que les retards dans les analyses de laboratoire s’accumulaient dans la région de Chaudière-Appalaches, alors que des centaines de cas de routine, qui doivent en principe être analysés dans un délai de 15 jours, sont en attente depuis des semaines, voire des mois.

Optilab dans Chaudière-Appalaches: les laboratoires associés à la rescousse

Le CISSS de Chaudière-Appalaches doit mettre à contribution les laboratoires de tous ses hôpitaux pour rattraper les retards dans les analyses de centaines d’échantillons de pathologie, centralisées à l’Hôtel-Dieu de Lévis depuis la mise en place du projet Optilab. L’Association du personnel professionnel et technique (APTS) qualifie la situation de «marche arrière» et de «revirement» de la part du CISSS, alors que celui-ci assure qu’il ne s’agit que d’une mesure «temporaire».

Fin mai, Le Soleil rapportait que les retards dans les analyses de laboratoire s’accumulaient dans la région de Chaudière-Appalaches, alors que des centaines de cas de routine, qui doivent en principe être analysés dans un délai de 15 jours, sont en attente depuis des semaines, voire des mois. 

En date du 4 mai, pas moins de 2360 cas de routine étaient en attente, pour certains depuis le mois de février, selon les données de l’APTS. Le CISSS rapportait pour sa part 1230 cas de routine en attente en date du 25 mai (à la différence du syndicat, l’établissement calcule les cas par patient, et non par échantillon, un patient pouvant avoir plusieurs analyses différentes sur un même échantillon) et disait pouvoir rattraper ces retards grâce à l’ajout de deux technologistes médicales à la mi-juin. 

Pour rappel, dans le cadre du projet Optilab, l’Hôtel-Dieu de Lévis fait office de laboratoire serveur pour les analyses des échantillons provenant des hôpitaux de Montmagny et de Thetford Mines. Les spécimens de l’Hôpital de Saint-Georges doivent également être analysés à l’Hôtel-Dieu de Lévis, mais leur arrivée a été retardée au moins jusqu’à novembre.

Dans un blogue, la vice-présidente de l’APTS, Nicole Déry, nous apprend que le CISSS fait «marche arrière» en rapatriant les analyses de pathologie dans les laboratoires d’origine et en sollicitant la collaboration des technologistes médicales pour effectuer des quarts de travail supplémentaires afin de résorber les retards. Pour ce faire, l’établissement doit louer ou emprunter de l’équipement «puisqu’il a centralisé ses équipements au centre serveur de Lévis», rapporte Mme Déry. «À quoi bon s’attarder sur les dépenses engendrées par ce revirement? Le mal est fait…» déplore-t-elle.

En entrevue au Soleil, Mme Déry a rappelé que l’APTS tente depuis longtemps de faire comprendre au CISSS que la réforme Optilab est «précipitée», que «toutes les prémisses ne sont pas là pour que ça fonctionne». 

«Ça fait longtemps qu’on dit qu’il manque de personnel formé à Lévis pour accueillir tous les échantillons qui arrivent, mais le CISSS disait le contraire tout le temps. […] Pour nous, ce qui se passe actuellement, c’est une marche arrière, et ça reste un raté dans l’implantation de la démarche Optilab», analyse la vice-présidente de l’APTS, qui déplore «le stress et la pression inutiles» mis sur le personnel des laboratoires. 

«De la désinformation»

Au CISSS de Chaudière-Appalaches, on assure qu’il n’y a aucune marche arrière ou recul par rapport à Optilab. «Ce qu’on a décidé de faire n’est qu’une mesure temporaire pour rattraper les retards dans les analyses des cas de routine. On a simplement demandé l’aide des laboratoires de tous les hôpitaux pour en faire un peu plus, plus rapidement. Mais rien ne change dans Optilab, le projet continue», insiste la porte-parole Mireille Gaudreau. 

«On résout le problème tel que nous l’avions annoncé et ça n’a rien à voir avec une marche arrière, c’est une marche vers l’avant. [...] Dire le contraire est de la désinformation. Ce plan a d’ailleurs été convenu avec le syndicat», ajoute Mme Gaudreau, selon qui les nouvelles embauches sont venues combler le manque à gagner. «Le personnel est en nombre adéquat», affirme-t-elle. 

«Le 25 mai, nous avions 1230 cas à traiter et le plan mise en place prévoyait un délai de 35 jours ouvrables pour rattraper le retard. Aujourd’hui [jeudi] : 660 cas à analyser et l’échéancier est maintenu, ça va très bien», assure Mme Gaudreau. 

Quant aux coûts engendrés par la situation actuelle, la porte-parole du CISSS affirme que les technologistes médicales appelées à faire du temps supplémentaire se sont offertes «généreusement» et que les équipements manquants ont été prêtés «sans aucun frais». 

Selon elle, «la mise en place d’Optilab est un succès en Chaudière-Appalaches et l’échéancier de mise en place est respecté».