Près de 99 000 personnes ont acheté un droit d'accès annuel sur les sentiers de motoneige balisés de la province.

Opération de sensibilisation de la sécurité en motoneige

MONTRÉAL — Cinq personnes ont perdu la vie en motoneige au Québec depuis le début de la saison 2019-2020, dont quatre hors sentier, d'où l'importance de rappeler aux gens certaines consignes de sécurité.

La Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ), en collaboration avec la Sûreté du Québec (SQ), a mis sur place dimanche avant-midi deux postes d'accueil sur des sentiers populaires à Mont-Laurier, dans les Laurentides, et à Saint-Raymond, près de Québec, pour rappeler aux motoneigistes certains comportements à adopter, comme le respect de la signalisation et de la limite de vitesse. Leur action de sensibilisation coïncide avec la Semaine internationale de la sécurité de motoneige qui se déroule jusqu'au 26 janvier.

À la Fédération des clubs de motoneigistes, la directrice des opérations, Marilou Perreault, soutient que le nombre de décès en motoneige est en baisse depuis le triste bilan de la saison 2014-2015 où il y a eu 35 décès. On en recensait 22 durant la saison 2018-2019, selon les chiffres de la FCMQ.

«Oui, on a une tendance. Le plus grand nombre de décès répertoriés, c'est hors sentier. Ce sont donc des gens qui se sont aventurés sur des plans d'eau ou en dehors des sentiers balisés», observe Mme Perreault.

«On a des incidents à chaque année sur les traverses de routes. Malheureusement, à chaque début de saison on a des décès sur les cours d'eau», ajoute la porte-parole de la FCMQ qui souligne que la vitesse est aussi un facteur.

À la Sûreté du Québec, la sergente Béatrice Dorsainville confirme certains de ces constats, selon ce qui ressort des interventions et statistiques de la SQ.

«Il y a deux principaux facteurs qui sont les causes de collisions mortelles pour les motoneigistes. C'est principalement la vitesse et la conduite avec les capacités affaiblies par les drogues et l'alcool», dit-elle.

Mais il y a aussi d'autres facteurs.

«Suivre de très près, le non-respect de la signalisation, le non-respect des arrêts obligatoires qui sont aux croisements des chemins publics et puis aussi le non-port du casque de sécurité», note la porte-parole de la SQ.

Le nombre d'adeptes en hausse

Un autre constat est toutefois plus encourageant: le nombre d'accidents mortels en motoneige est en baisse tandis que le nombre d'adeptes est en hausse.

À ce jour, près de 99 000 personnes ont acheté un droit d'accès annuel sur les sentiers de motoneige balisés de la province, mais la pratique est encore plus populaire à en croire les statistiques de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ).

«Il y a plus de 200 000 motoneiges immatriculées au Québec», relate Mme Perreault.

«Cela inclut les motoneiges de la SQ, celles utilisées pour le travail et celles appartenant à des gens qui voyagent hors des sentiers balisés.»

Les randonnées en motoneige sont aussi prisées des touristes. «Plus de 30 000 touristes viennent profiter de l'hiver québécois sur nos sentiers», note le président de la FCMQ, Réal Camiré.

«Ils viennent particulièrement du Nouveau-Brunswick, de l'Ontario et des États américains limitrophes au Québec», ajoute Mme Perrault qui souligne toutefois que la grande majorité des motoneigistes sont des Québécois qui vont se promener d'une région à l'autre: «parce qu'on a une belle interconnexion entre les régions.»

33 000 km de sentiers balisés

À elle seule, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec compte un peu plus de mille patrouilleurs qui sillonnent 33 000 km de sentiers au Québec en cours de saison pour intervenir auprès des usagers. Ils peuvent aussi pour donner des constats d'effraction, quoique leur pouvoir est limité dans certains cas.

À noter toutefois que la Sûreté du Québec assure aussi une présence sur les sentiers en hiver.

«La Sûreté du Québec compte un peu plus de 300 patrouilleurs-motoneigistes qui sont répartis sur l'ensemble du territoire québécois, affirme la sergente Dorsainville. Les policiers qui sont en motoneige peuvent faire des opérations cinémomètres directement dans les sentiers avec le radar. On est aussi présent dans les relais, les auberges, les bars pour sensibiliser les utilisateurs de motoneige. On fait aussi des points de contrôle à la croisée des chemins publics.»