Les classes de maternelle 4 ans peuvent accueillir un minimum de 6 enfants et un maximum de 17. Peu importe le nombre de bambins inscrits, le groupe est pris en charge par une enseignante et une éducatrice à l’enfance.

Onze enfants en moyenne par classe de maternelle 4 ans

Toutes les classes de maternelle 4 ans prévues par le gouvernement caquiste ouvriront leurs portes à la rentrée, mais elles ne seront pas remplies à pleine capacité. Elles compteront en moyenne 11 enfants.

C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge mardi, quelques minutes avant d’entreprendre l’étude détaillée du projet de loi 5, qui vise à offrir la maternelle 4 ans à tous les petits Québécois.

Les classes de maternelle 4 ans peuvent accueillir un minimum de 6 enfants et un maximum de 17. Peu importe le nombre de bambins inscrits, le groupe est pris en charge par une enseignante et une éducatrice à l’enfance. 

M. Roberge trouve «très encourageant» qu’autant de parents aient fait le choix d’envoyer leurs enfants à l’école dès l’âge de 4 ans. Il espère maintenant faire tomber les «barrières» qui restent. Le projet de loi 5 prévoit que de telles classes pourront être ouvertes partout sur le territoire du Québec, et non seulement en milieu défavorisé, comme c’est le cas à l’heure actuelle. 

Le ministre de l’Éducation justifie son projet de loi en faisant valoir que 27% des tout-petits qui arrivent à la maternelle 5 ans sont vulnérables dans au moins un aspect de leur développement. Dans les milieux défavorisés, la proportion est de 32%, soit légèrement plus haute. «Que les parents fassent 20 000 $ par année ou 120 000 $ par année, il y a de deux à trois jeunes sur 10 qui arrivent en maternelle cinq ans pas prêts», fait-il valoir. 

S’il martèle qu’il faut une complémentarité et non une compétition entre la maternelle 4 ans et le réseau des Centres de la petite enfance (CPE), le ministre Roberge a été incapable de dire quelle proportion d’enfants inscrits à l’heure actuelle à la maternelle 4 ans proviennent de ce réseau, qui est déjà subventionné par l’État. «On n’a pas les données sur la provenance» des enfants inscrits, a-t-il convenu. 

Sceptiques

Les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale restent sceptiques quant à la nécessité de déployer la maternelle 4 ans partout au Québec. Marwah Rizqy, députée du Parti libéral du Québec, critique le fait que le gouvernement dépense sans compter pour ouvrir des classes de maternelle 4 ans qui ne sont pas pleines, alors que d’autres enfants plus âgés feront leur rentrée scolaire dans des roulottes. 

«On demande des priorités à la bonne place. On demande que la véritable priorité, un, c’est de trouver les enseignants, puis, deux, c’est de s’assurer qu’il n’y a aucun enfant qui est d’abord dans une roulotte versus d’autres qui vont être dans des classes de luxe», commente-t-elle. 

La députée solidaire Christine Labrie croit que si on donne aux parents du Québec le droit à la maternelle 4 ans, ils devraient aussi avoir le droit à une place en Centre de la petite enfance (CPE). À l’heure actuelle, elle est d’avis qu’ils n’ont pas «de vrai choix», parce que les listes d’attente pour avoir une place en CPE sont très longues. 

La députée péquiste Véronique Hivon déplore quant à elle «l’improvisation du gouvernement», qui n’a pas encore rendu public un plan de déploiement précis de la maternelle 4 ans. 

Le Québec compte à l’heure actuelle 644 classes de maternelle 4 ans. L’objectif du gouvernement est d’en ouvrir plus de 3000 d’ici cinq ans.

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QS RÉCLAME UNE ENQUÊTE DE LA COMMISSAIRE À L'ÉTHIQUE

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a-t-il enfreint des règles d’éthique en remboursant les frais de déplacements d’expertes venues témoigner en faveur de la maternelle 4 ans? Québec solidaire demande à la commissaire à l’éthique d’enquêter.

Dans une lettre envoyée lundi à la commissaire Ariane Mignolet, la députée solidaire Christine Labrie dénonce le fait que le ministre ait pigé 4825$ du budget du ministère de l’Éducation pour couvrir les frais de déplacement, de restauration et d’hébergement de deux expertes venues de New York pour témoigner à l’Assemblée nationale, à la fin mai. Celles-ci ont plaidé en faveur d’un réseau universel de maternelles 4 ans, à l’image de ce que souhaite créer le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ). 

Normalement, les frais de déplacement des témoins qui sont invités en commission parlementaire ne sont pas remboursés. «Il nous apparaît que le geste du ministre crée un précédent en créant des catégories d’intervenants lors des consultations particulières : ceux dont les frais encourus par leur participation sont compensés et ceux qui doivent tout payer de leur poche», écrit Mme Labrie. 

La députée fait valoir que les partis d’opposition n’ont accès à aucune somme pour rembourser les frais de déplacement d’experts qu’ils souhaitent entendre. 

À la demande du Parti québécois, le président de l’Assemblée nationale François Paradis a déjà dit qu’il se pencherait sur la question. 

Questionné à ce sujet mardi, le ministre Roberge s’est défendu en soutenant que «ce n’était pas possible de faire autrement. Ce n’était pas possible de faire de la visioconférence à l’époque.» Inaugurées en juin, les nouvelles salles de commission parlementaire permettent de le faire.