Le ministre des Transports Sylvain Gaudreault a proposé de créer l'Agence des infrastructures de transport pour limiter l'influence politique sur les travaux et lutter contre la corruption.

Offensive publicitaire contre l'Agence des infrastructures de transport

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) part en guerre publicitaire contre le projet d'Agence des infrastructures de transport (AIT) du gouvernement du Québec.
Le Syndicat entend occuper l'espace médiatique au cours des trois prochaines semaines pour «mettre en garde la population» contre cette future agence. Des publicités seront diffusées à la radio et dans les journaux.
Début décembre, le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a présenté dans un projet de loi les contours de l'AIT, dont le but avoué est de limiter l'influence politique sur la réalisation des travaux routiers et de lutter contre la corruption et la collusion.
L'organisation, autonome, serait gérée par un conseil d'administration nommé d'après des critères précis pour éviter la pure partisanerie. Elle ne serait pas soumise à la Loi sur la fonction publique, contrairement à la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) ou à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), afin de faciliter le recrutement et la rétention du personnel spécialisé.
Tandis que l'agence réaliserait les projets routiers et s'assurerait de maintenir le réseau routier en bon état, le ministère des Transports continuerait de planifier les interventions et de proposer sa vision des transports. Dans les faits, 5800 des 6500 employés du MTQ relèveraient désormais de la nouvelle entité, soit 90 % de l'effectif actuel. Les coûts de la transition sont évalués à 10 millions $.
Dérapages
«Au cours des derniers mois, les citoyens ont été à même de constater les dérapages et l'absence de leadership et de responsabilités des membres de certains conseils d'administration comme ceux du CHUM, de Tourisme Montréal et de l'AMT», rappelle le SFPQ dans un communiqué de presse publié lundi. Ses dirigeants estiment que «la population en a assez des administrateurs nommés par les partis politiques qui ferment ensuite les yeux sur les laisser-aller de leurs conseils d'administration».
Le syndicat n'est pas le seul à critiquer le projet gouvernemental. Les libéraux s'inquiètent de toute diminution de l'imputabilité ministérielle, et la Coalition avenir Québec (CAQ) s'oppose carrément à la création d'une agence.