Les chauffeurs de taxi de Québec craignent que le gouvernement Couillard établisse des règles qui sortiraient le service de transport Uber de l'illégalité, mais du coup, défavoriserait l'industrie «traditionnelle» du taxi.

Offensive d'Uber pendant la mobilisation des chauffeurs de taxi

La colère a monté d'un cran lundi soir du côté des chauffeurs de taxi lorsqu'ils ont appris qu'Uber entend profiter de la mobilisation nationale de mardi pour promouvoir son produit UberX.
Entre 6h à 16h, tous les chauffeurs d'Uber à Québec et à Montréal pourront conserver l'ensemble de leurs recettes, est-il écrit dans un communiqué d'Uber. Jusqu'à présent, l'entreprise réclamait 20 % sur chaque facture. De plus, tous les nouveaux utilisateurs pourront profiter de deux courses gratuites de 15 $ durant la journée.
Selon plusieurs associations de taxi, cette tactique est jugée «illégale». «En agissant de la sorte, Uber a choisi de s'attaquer à la liberté d'expression des 22 000 chauffeurs et propriétaires de taxis et limousines du Québec. Il s'agit aussi d'une pratique habituelle de la multinationale californienne, qui tente sans grande subtilité d'aller chercher les clients des vrais chauffeurs de taxi», peut-on lire dans un communiqué signé conjointement par le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT), le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ) et le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM).
Mardi, plusieurs chauffeurs de taxi vont se mobiliser dans la capitale et à Montréal pour exprimer leur mécontentement et faire pression sur le gouvernement de Philippe Couillard afin qu'il intervienne dans le dossier. À Québec, une importante manifestation est prévue devant l'Assemblée nationale.
«La voie de l'illégalité»
«Uber choisit encore la voie de l'illégalité. En effet, l'article 62 de la Loi concernant les services de transport par taxi stipule que nul ne peut offrir un escompte pour une course», dénoncent conjointement les porte-parole, assurant qu'il n'y aura pas de rupture de service mardi. 
«Notre mobilisation se fait de telle sorte qu'elle aura le moins d'impact possible pour notre clientèle. Ce n'est pas pour rien qu'elle a lieu à 10h30.»