Selon l’administration municipale, jusqu’à maintenant, ce programme permet à la Ville de maintenir un taux de mortalité des ormes en deçà de 3 % sur ses terrains.

Offensive contre la maladie hollandaise de l'orme

La maladie hollandaise de l’orme frappe de nouveau. La Ville de Québec procédera au cours des prochaines semaines à l’abattage de cinq ormes atteints de la maladie de façon incurable en plus d’utiliser une nouvelle façon de faire pour essayer de sauver certains arbres.

Depuis le début de l’année, deux sites appartenant à la Ville, le parc Saint-Matthew et le boulevard Langelier ont été touchés par la maladie. Au cours des prochaines semaines, quatre ormes sur le boulevard Langelier et un dans le parc Saint-Matthew seront abattus. Même si cet abattage peut paraître important, le phénomène n’est toutefois pas inhabituel, la Ville de Québec ayant depuis 1981 mis sur pied le Programme de lutte contre la maladie hollandaise.

Selon l’administration municipale, jusqu’à maintenant, ce programme permet à la Ville de maintenir un taux de mortalité des ormes en deçà de 3 % sur ses terrains. «La présence de la maladie reste constante depuis les dernières années. La courbe du taux de mortalité des ormes d’Amérique fluctue d’une année à l’autre. Depuis 2012, cette courbe est positive, mais modérée», explique la porte-parole de la Ville de Québec, Léticia Dufresne.

Nouvelle approche

Cette année, la Ville a décidé d’utiliser de nouvelles manières de faire pour lutter contre la maladie et préserver les arbres sains. Elle utilise entre autres le traitement préventif à l’Arbotech. «Le traitement à l’Arbotech est fait de façon progressive avec un nombre restreint d’ormes. Les ormes ciblés pour recevoir le traitement ont été sélectionnés en fonction de leur état de santé, de leur structure, de leur diamètre et de leur emplacement. À la suite de ces traitements, une planification pour les années suivantes sera réalisée en fonction des ormes à traiter», indique Mme Dufresne.

Sur les ormes atteints de façon incurable, dans certaines situations, la  Ville procède à l’incision de l’écorce et des tissus vivants du tronc de  l’arbre sur toute sa circonférence empêchant le déplacement du  champignon responsable de la maladie vers les racines (annelage). Elle  peut également créer une petite tranchée dans le sol autour des ormes  atteints afin d’éviter la propagation par greffe racinaire (cernage). Tout  est mis en œuvre dans ce programme pour veiller à conserver les  ormes en santé. Cependant, l’abattage demeure souvent la seule  solution pour éviter la propagation de la maladie, et ainsi, sauver les  ormes en santé à proximité.

Actuellement, il y a 6 900 ormes sur les terrains appartenant à la Ville de Québec et 14 800 ormes sur les terrains privés sur le territoire de la ville. Malgré la maladie, la Ville continue à planter des ormes, mais il s’agit de nouvelles variétés plus résistantes à la maladie. 

Les propriétaires doivent signaler à la Ville tout orme présentant des symptômes typiques de cette maladie. Lorsque la cime d’un orme est atteinte à plus de 10 % et que les symptômes ne sont pas localisés dans un pourcentage réduit et bien défini de la cime, l’élagage des parties atteintes devient inutile et l’abattage est requis.

La Ville de Québec offre un programme de soutien à l’abattage des ormes atteints de façon incurable de la MHO. Ce programme couvre une partie des frais reliés à l’abattage et à l’élimination du bois d’orme. Pour faire la demande, ils peuvent le faire en ligne ici.  

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La maladie hollandaise de l’orme, c’est quoi?

La maladie hollandaise de l’orme s’attaque principalement à l’orme d’Amérique, arbre emblème de la ville de Québec. Les feuilles des branches atteintes de cette maladie se flétrissent, jaunissent, se dessèchent en s’enroulant sur elles-mêmes et finissent par tomber au sol. La maladie est causée par un champignon microscopique transporté principalement par un insecte, le scolyte. Ce champignon se développe dans les vaisseaux conducteurs de la sève l’empêchant de monter jusqu’à la cime.