Le terrain devant accueillir la nouvelle centrale de police, dans Lebourgneuf, ne pourra répondre aux besoins des policiers en période de pointe.

Nouvelle centrale: la sécurité des policiers en jeu

La Ville de Québec risque de subir les foudres de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) si elle persiste à ne pas fournir à chaque policier un stationnement adjacent à la future centrale de police dans Lebourgneuf pour y garer leur véhicule personnel. La Ville de Châteauguay l’a appris à ses dépens dans une décision de l’organisme rendue en 2015.

À cause d’un stationnement 50 % trop petit, des policiers de Châteauguay devaient garer leur voiture personnelle dans un second stationnement non sécurisé à quelque 500 mètres du poste. Une vague de vandalisme sur certains véhicules a fait réagir le syndicat local, qui craignait que des individus s’en prennent même à l’intégrité physique de ses membres.

«On savait que la question des stationnements sécurisés, notamment par des barrières, était déjà un sujet chaud en Ontario. On a pris de l’information et on a déposé une plainte à la CNESST, explique François Lemay, président de la Fraternité des policiers de Châteauguay. On alléguait que la Ville devait mettre des mesures de protection, des espaces fermés pour les véhicules personnels comme pour les autopatrouilles», ajoute-t-il.

Le fait de devoir marcher en civil jusqu’à la centrale posait aussi problème. «Il y a des quarts de travail qui terminent à minuit. D’autant plus que les gens peuvent maintenant prendre des photos des policiers, des véhicules et des plaques d’immatriculation et publier ça sur les réseaux sociaux.»

La CNESST s’est rendue aux arguments de la Fraternité. Châteauguay n’a pas fait appel de la décision. Il s’est écoulé plusieurs mois avant que le stationnement agrandi au coût de 137 000 $ puisse accueillir tous les véhicules. Dans la transition, les policiers stationnaient leur véhicule personnel près du poste et les autopatrouilles étaient garées dans le second stationnement situé plus loin. «De cette façon, on pensait que les policiers étaient davantage en sécurité. C’est plus embêtant de s’attaquer à un policier en uniforme qu’un policier en civil», estime M. Lemay.

Les policiers de Châteauguay ont dû vivre une situation similaire à celle que pourraient vivre leurs confrères de la Ville de Québec.

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La situation de Châteauguay est étrangement similaire à ce que s’apprêtent peut-être à vivre les policiers de Québec. Le Soleil révélait le 25 avril que le terrain de 15 000 mètres carrés acquis pour 2,6 millions $, à l’angle du boulevard Pierre-Bertrand, dans Lebourgneuf, ne pouvait accueillir plus de 325 cases de stationnement, alors qu’il en faudrait 700 pour répondre aux besoins des policiers en période de pointe.

Pour pallier ce problème, la Ville envisage un second stationnement sur le terrain du RTC, rue des Rocailles, à quelque 500 mètres du futur poste.

C’est le dernier d’une série de ratés dans le dossier de la construction de la centrale qui a mené au départ de Jonatan Julien, bras droit du maire de Québec. Mercredi, Régis Labeaume avait confié «mon collègue l’a échappé», en lien avec la mauvaise évaluation des coûts du projet de centrale, qui est passé de 40 à 72 millions $, et du manque d’espace du terrain acquis pour la construire. 

Ce blâme public a convaincu M. Julien de quitter Équipe Labeaume et de siéger comme indépendant. Jeudi, il expliquait à la presse que «la sortie de M. Labeaume est injustifiée quant au fond et totalement inacceptable dans sa forme et que le lien de confiance est maintenant brisé».

Le président de la Fraternité des policiers de Québec, Marc Richard, souhaite que ce départ n’engendre pas de nouveaux délais dans la construction de la centrale. «Ça fait assez longtemps qu’on attend», indique-t-il.

Du même souffle, il souhaite toujours la construction d’un stationnement souterrain ou étagé à proximité de la centrale, ce qui réglerait le problème d’insuffisance d’espaces de surface. 

M. Richard est bien au fait du dossier de Châteauguay, évoquant aussi la question de la sécurité. Cependant, il refuse de brandir la menace d’une plainte auprès de la CNESST, advenant que la Ville décide d’aménager un second stationnement, rue des Rocailles.