Trente personnes installées à Québec depuis quelques années ont obtenu jeudi leur citoyenneté canadienne lors d’une cérémonie qui avait lieu à l’Hôtel de Glace, à Saint-Gabriel-de-Valcartier.

Nouveaux citoyens canadiens, ils ne regrettent pas d’avoir choisi Québec [VIDÉO]

Trente personnes installées à Québec depuis quelques années ont obtenu jeudi leur citoyenneté canadienne lors d’une cérémonie qui avait lieu à l’Hôtel de Glace, à Saint-Gabriel-de-Valcartier. Aucune d’entre elles ne regrettait d’avoir choisi le Canada, mais aussi le Québec et la ville de Québec même si, dans certains cas, les stéréotypes concernant l’accueil des immigrants dans la capitale avaient la vie dure.

Marocain de naissance, Abdel Saih, qui travaille dans le domaine de la finance, avait eu sa citoyenneté il y a un an. Jeudi, c’était au tour de son épouse Hind Elouali. Le couple, qui est installé au Québec depuis 2014, a deux jeunes enfants, Sammy et Yanis. «C’est pour la qualité de vie et le multiculturalisme qu’on a décidé de s’établir au Canada», explique Saih. «C’est un honneur pour nous de devenir Canadiens. Et les gens du Québec sont très accueillants!» indique son épouse.

Il faut dire que le couple s’était fait mettre en garde à propos du Québec, et plus particulièrement de la ville de Québec. «Nous étions un peu réticents au départ à nous installer à Québec parce qu’il y avait beaucoup de stéréotypes. On nous disait que c’était plus difficile pour les immigrants ici, qu’il y avait beaucoup de discrimination. Ce qu’on a trouvé cependant, c’est une réalité fort différente : les gens d’ici sont très ouverts. On y a trouvé le respect, que ce soit envers notre culture ou envers notre religion», poursuit Saih, qui comme son épouse, a été ému de la solidarité manifestée par les Québécois à la suite de la tragédie de la Grande Mosquée de Québec. 

«Maintenant, quand nous parlons à d’autres personnes qui veulent s’établir ici, nous essayons de faire tomber les stéréotypes, nous leur expliquons vraiment la réalité : que la ville de Québec est une ville de gens ouverts et où il y a un respect mutuel envers les nouveaux arrivants.»

Réfugiés

Pour Henri Clément Munyarugarama, natif du Rwanda, Québec est devenu une première terre d’adoption stable après des années à passer d’un camp de réfugiés à l’autre. «Depuis [le génocide de] 1994, je n’avais aucune stabilité. J’ai passé deux ans dans un camp au Congo, puis je suis rentré cinq ans au Rwanda et ensuite j’ai vécu huit ans dans un camp au Malawi», explique-t-il. En 2014, il a finalement décidé de tout quitter avec son épouse et sa fille pour s’installer au Canada. Henri est devenu camionneur et le couple a eu un autre enfant au Canada. «Au fond, il nous accueille ici aujourd’hui puisqu’il était déjà citoyen canadien!» s’amuse-t-il.

«Pour moi, devenir Canadien, c’est une nouvelle vie, je sais maintenant que mes enfants auront un avenir», poursuit Clément, qui avoue que le climat représente un défi. «C’est très différent du climat chaud et sec de chez nous! C’est froid, même frette comme vous dites!»

Nouvelle vie

Pour le couple formé de Cédric Bianchi et Emmanuelle Viguier et leurs trois filles adolescentes, Estéva, Laurenza et Delssa, l’obtention de leur citoyenneté canadienne survenait sept ans, jour pour jour, après leur arrivée au pays à partir de la France. «Nous avions envie de changer de vie. On sent que tout est possible en Amérique du Nord, au Canada, au Québec alors que ce n’est plus le cas en France», explique Emmanuelle. 

Installée à Charlesbourg, la petite famille s’est vite intégrée à sa société d’accueil. «Moi, quand je rentre en France, je dis à tout le monde que j’habite à Québec. Et j’étais super fier, la dernière fois qu’on y est allés, de voir l’une de mes filles porter une casquette du Canada», indique Cédric, qui est consultant en informatique.

Cheminement un peu différent pour Malek Jlili et son épouse Takoua Mastouri, qui sont installés à Québec depuis 2010 après avoir obtenu des bourses d’excellence pour poursuivre des études supérieures à l’Université Laval. Malek est maintenant ingénieur mécanique et Takoua, analyste informatique. «C’est certain que le premier emploi est plus difficile à décrocher, mais je crois que c’est le cas pour tout le monde. Après, ça va très bien. Nous avons beaucoup d’amis qui sont nés au Québec et jamais on ne nous a fait sentir comme des gens qui viennent de l’extérieur», commente Malek.

Fait particulier, la juge à la citoyenneté qui a présidé la cérémonie, Ranya Sfeir, leur a indiqué qu’elle avait elle-même passé par le même processus il y a 10 ans. «À chaque fois, je revis ces émotions que j’ai vécues quand je suis arrivée ici en 2003 et quand je suis devenue citoyenne en 2009. Je me rappelle cet accomplissement. Le Canada m’a beaucoup donné, il est devenu mon port d’attache», résume celle qui est née au Liban.

+

PREMIÈRE POUR L'HÔTEL DE GLACE

C’était la première fois, jeudi, que l’Hôtel de Glace accueillait l’une des cérémonies de citoyenneté communautaires organisées par l’Institut pour la citoyenneté canadienne, un organisme sans but lucratif qui vise à tenir ces cérémonies hors des bâtiments gouvernementaux en plus de promouvoir l’inclusion.

«C’est l’Institut qui nous a contactés pour tenir une cérémonie ici et nous avons dit oui tout de suite. Bien sûr que nous serions intéressés à en tenir d’autres, car il n’y a pas plus canadien que l’Hôtel de Glace, n’est-ce pas?» indique Marie-Ève Doyon, porte-parole de l’Hôtel de Glace et du Village Vacances Valcartier. «Ça va très bien avec notre programmation qui vise une clientèle internationale», poursuit-elle.

La plupart des nouveaux citoyens canadiens ont été agréablement surpris par la cérémonie qui avait lieu dans la chapelle de l’Hôtel de Glace, malgré le temps un peu frisquet.

«Décor féérique»

La juge à la citoyenneté Ranya Sfeir a elle aussi été impressionnée par l’environnement dans lequel elle siégeait. «C’est un décor féérique! Je crois qu’il n’y a pas de meilleure façon d’accueillir les nouveaux Canadiens. C’est très représentatif du pays!» indique-t-elle.

L’Institut pour la citoyenneté canadienne tient plus de 75 cérémonies comme celle-là chaque année. Elle en a organisé par le passé dans d’autres institutions emblématiques du pays, notamment la Galerie d’art de Vancouver, le lieu historique national de Parcs Canada au Canal Rideau, le Musée royal de l’Ontario et le Musée canadien de l’immigration au quai 21