L'emplacement du nouveau pont, qui devrait être un peu à l'est de l'actuel, ainsi que le type de structure pourraient être dévoilés demain lors d'une rencontre entre le ministère des Transports et les élus de l'île d'Orléans.

Nouveau pont de l'île d'Orléans: un projet idéal pour un PPP, dit Garcia

L'ancien président de la défunte Agence des partenariats public-privé (PPP), Claude Garcia, croit possible et même souhaitable de construire le futur pont de l'île d'Orléans en PPP.
M. Garcia, aujourd'hui administrateur de plusieurs entreprises et chercheur associé à l'Institut économique de Montréal, a contacté Le Soleil après y avoir lu que le gouvernement du Québec n'envisage pas le recours à un PPP pour la construction du prochain lien entre l'île d'Orléans et la terre ferme, dont le coût est estimé à 400 millions $.
«Je suis convaincu que c'est la façon de faire des travaux publics d'envergure. On ne fait pas un PPP pour un petit projet parce que c'est un peu plus coûteux, le montage financier. Mais quand on parle d'un projet de 400 millions $, c'est beaucoup d'argent», fait remarquer M. Garcia, qui se dit «vendu à mort» à la formule depuis qu'il a été président du conseil d'administration de l'Agence des PPP.
Selon lui, une concurrence totale oblige tous les professionnels et les entrepreneurs à présenter leurs plus bas prix et à les maintenir. Autre avantage à ses yeux: le respect des délais est assuré, sous menace de fortes pénalités. Si bien que les ouvrages sont souvent livrés à l'avance.
Réflexe «partisan»
Et attention, dit l'ancien financier, PPP ne veut pas nécessairement dire péage. Si le consortium gagnant assure aussi bien l'entretien que la construction de la structure, de façon à garantir une bonne qualité de travaux, un paiement forfaitaire suffit pour attirer le secteur privé, d'après lui. M. Garcia se demande pourquoi le Parti québécois veut modifier la politique cadre sur la gouvernance des grands projets d'infrastructure publique, qui prévoit l'évaluation systématique du mode de réalisation (public, privé ou un mélange des deux), un héritage des libéraux. Il évoque un réflexe «partisan».
«Ils vont dire que je ne suis pas péquiste, mais je ne suis plus libéral non plus!» lance M. Garcia pour prévenir les coups. L'ancien dirigeant de la Standard Life a en effet rompu avec le Parti libéral du Québec en 2011 pour se tourner vers l'Action démocratique du Québec, puis le Parti conservateur du Québec.
Prenant de front les scandales des grands hôpitaux de Montréal, il affirme que le gouvernement provincial a fait l'erreur de dévoiler son jeu trop vite. Sachant combien il était prêt à mettre dans le PPP, certains en ont profité, analyse Claude Garcia.
Lundi, le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a déclaré au Soleil que le PPP «n'est pas un scénario envisageable» pour le prochain pont de l'île d'Orléans sans toutefois motiver cette orientation. Impossible d'obtenir plus d'éclairage à son cabinet, mercredi. On sait toutefois que le gouvernement actuel a convenu d'embaucher plus d'ingénieurs pour renforcer l'expertise du ministère des Transports, qui sera d'ailleurs transformé en agence pour éviter l'influence du politique dans la réalisation des travaux.