Nouveau complexe hospitalier: coup d'oeil sur le vaste chantier

Le chantier fait plus d’un demi-kilomètre de long. Plus de 220 travailleurs s’y activent, dont les opérateurs de trois immenses grues. La construction est à la fois souterraine et aérienne. Un réseau de tunnels, un stationnement souterrain et des bâtiments commencent à prendre forme. Bienvenue sur l’impressionnant chantier du nouveau complexe hospitalier (NCH), que le CHU de Québec et la Société québécoise des infrastructures (SQI) ont fait visiter aux médias, cette semaine.

«C’est un beau projet. Écrivez-le que c’est un beau projet!» Le directeur général du bureau de projet du NCH pour la SQI, Robert Topping, n’était pas peu fier de présenter l'avancement des travaux aux journalistes, jeudi.

Ici, le bâtiment des génératrices. Là, la nouvelle centrale d’énergie. En contrebas, une partie des tunnels qui serviront notamment au transport de la logistique hospitalière. Toujours en contrebas, le stationnement souterrain de 1600 places (il y en aura 2600 au total en comptant les cases de stationnement de surface).

Aussi en construction, pour livraison en décembre 2020: le Centre intégré de cancérologie (CIC), avec ses 14 voûtes de radiothérapie. L’épaisseur des murs et du plafond des voûtes, en béton, atteint 1,5 mètre et 2 mètres respectivement. «Les machines qui sont à l’intérieur produisent de la radioactivité, donc il faut la contenir», rappelle Robert Topping.

Le chantier est bordé à l’est par la rue de Vitré, au nord par la 24e Rue, à l’ouest par le boulevard Henri-Bourassa et au sud par la 18e Rue. Il fait actuellement environ 600 mètres de long, mais il en fera 200 de plus lorsque seront réaménagés (en partie) les bâtiments existants de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, qui deviendra le pôle ambulatoire du NCH.

Au moment de notre passage, entre 220 et 230 travailleurs s’activaient sur le site en construction. «Il y en aura bientôt 300, quand la construction du stationnement souterrain va débuter. En 2020, on aura au-dessus de 500 travailleurs», précise M. Topping.

Avant de lancer la première pelletée de terre de la phase 1, en avril 2017, il a fallu asseoir à la même table les représentants de tous les acteurs concernés par le projet (médecins, infirmières, patients et chercheurs, notamment), question de connaître les besoins et préoccupations de chacun.

Suivant les principes de la méthode Lean, ces experts ont pensé à une organisation clinique efficace, basée sur les besoins des patients et des cliniciens, qui a ensuite influencé l’architecture, nous a-t-on expliqué avant la visite du chantier. Même la superficie des salles et des chambres ont été testées avec des murs amovibles, a signalé le directeur clinique du NCH, Luc Gagnon.

Parlant de chambres, le NCH en comptera 500 individuelles, sur un total de 700 lits. «On élimine les chambres de trois et de quatre. Autour de 73% des chambres seront privées», calcule Luc Gagnon.

S’il n’a pas été facile de convaincre tout le monde du bien-fondé du projet, le directeur clinique du NCH assure qu’avec le temps, «on a réussi à avoir l’adhésion des médecins, du personnel». «On le voit dans leur implication, dans leurs réponses, dans la dynamique d’équipe», dit-il.

Les relations avec le voisinage seraient tout aussi fluides. Depuis le début du chantier, le CHU de Québec auraient reçu quelque 200 questions ou demandes de précisions sur les travaux en cours. Toutes les demandes, quelles soient formulées par courriel ou par téléphone, seraient répondues dans un délai de 48 heures, assure-t-on. Et la collaboration de l’entrepreneur en construction, Pomerleau, serait «très bonne» lorsque des «inconforts» liés au bruit ou à la poussière, par exemple, sont signalés par le voisinage, selon Robert Topping.

***

LE NOUVEAU COMPLEXE HOSPITALIER EN BREF

  • Transfert de l’Hôtel-Dieu de Québec vers l’Hôpital de l’Enfant-Jésus
  • Budget global de 1,97 milliard $
  • Superficie brute totale : 263 915 mètres carrés (excluant la superficie des bâtiments à démolir)
  • Trois grands pôles d’activité : Centre intégré de cancérologie (CIC), pôle critique et pôle ambulatoire
  • Travaux qui s’échelonneront jusqu’en 2025 (CIC, radio-oncologie, hôtellerie, cyclotron et plateforme clinico-logistique en 2020, soins critiques en 2023 et réaménagement de 
  • l’Hôpital de l’Enfant-Jésus en 2025)
  • Regroupement de surspécialités sur un même site (traumatologie, neurologie, oncologie et néphrologie)
  • 700 lits et 30 salles de chirurgie au total
  • Capacité supplémentaire, annuellement : 5000 chirurgies, 40 000 visites en cliniques externes, 39 000 consultations en oncologie, 6000 traitements d’hémato-oncologie et 20 000 examens en imagerie médicale