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Les provinces qui décideront «de ne pas donner à leurs aînés le niveau de standards le plus élevé» auront à répondre à leur population, selon Justin Trudeau, et il estime qu'il sera alors «difficile» pour elles de justifier leur refus.
Les provinces qui décideront «de ne pas donner à leurs aînés le niveau de standards le plus élevé» auront à répondre à leur population, selon Justin Trudeau, et il estime qu'il sera alors «difficile» pour elles de justifier leur refus.

Normes nationales en santé: Ottawa pourrait larguer les provinces récalcitrantes

Catherine Levesque
La Presse Canadienne
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OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau ouvrirait son portefeuille pour les provinces qui sont prêtes à adhérer à des normes nationales pour les centres de soins de longue durée. Il laisse entendre que les autres n’auraient rien.

M. Trudeau a ouvert son jeu lors d’une entrevue de fin d’année avec La Presse Canadienne, mercredi après-midi.

Le gouvernement fédéral a annoncé dans son énoncé économique jusqu’à un milliard de dollars pour les provinces, mais à condition qu’elles acceptent des normes nationales dans leurs centres de soins de longue durée. Cette idée a immédiatement été dénoncée par Québec, qui y voit une intrusion dans le champ des compétences des provinces en santé.

D’autres sont plus ouvertes à l’idée. Certaines provinces de l’Atlantique — le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard — seraient, selon ce qu’on dit en coulisses, prêtes à négocier avec Ottawa dès le mois de janvier. La Nouvelle-Écosse, elle, s’est pour sa part prononcée en faveur de ces normes nationales.

«L’approche que nous aurons comme gouvernement fédéral sera de regarder les meilleures pratiques et travailler avec les provinces qui voudront améliorer leurs standards au meilleur niveau possible. Et le gouvernement fédéral sera là pour les aider avec les coûts supplémentaires impliqués pour atteindre ce niveau», a-t-il dit, en anglais.

«Les provinces qui décident de ne pas choisir d’offrir à leurs aînés ces plus hauts standards auront à répondre à des questions par les gens qui envoient leurs mères et leurs pères dans ces centres pour aînés. Et ce sera difficile pour eux d’y répondre», a-t-il poursuivi en réponse à La Presse Canadienne.

Présente à ses côtés lors de l’entrevue, la vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland, a tenté d’adoucir les propos du premier ministre.

«Nous n’avons pas un monopole sur la sagesse ici, à Ottawa. Je crois que les Canadiens à travers le pays sont résolument engagés à améliorer les soins de longue durée, et je crois que ça inclut les premiers ministres des provinces et des territoires», a-t-elle constaté.

Quand le sujet a été abordé en français, le ton de M. Trudeau est là aussi devenu beaucoup plus conciliant.

«Je pense que les Canadiens s’attendent à des résultats, s’attendent à avoir un certain niveau de soins et jamais que je ne dirai aux provinces exactement comment ils doivent livrer ces soins-là. Notre rôle, c’est d’assurer, avec le financement, avec la péréquation, qu’on a un niveau semblable de services d’un bout à l’autre de ce pays», a-t-il offert.

Mais la conclusion reste la même : il y a un «problème» avec les soins pour les aînés au pays, selon M. Trudeau, et il faut agir, peu importe le niveau de gouvernement.

«Il y a des choses que le fédéral doit faire mieux, il y a des choses que le municipal doit faire mieux, il y a des choses que les provinces peuvent faire mieux. Je pense que ces conversations doivent être franches et ouvertes et respectueuses, mais il faut qu’ils livrent la marchandise pour les Canadiens», a-t-il tranché.


« Nous n’avons pas un monopole sur la sagesse ici, à Ottawa. Je crois que les Canadiens à travers le pays sont résolument engagés à améliorer les soins de longue durée, et je crois que ça inclut les premiers ministres des provinces et des territoires »
La vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland

Depuis des mois, les provinces font pression sur le gouvernement Trudeau pour augmenter les transferts fédéraux en santé afin de faire face aux conséquences de la pandémie. Elles réclament une augmentation de 28 milliards $, portant la part du gouvernement fédéral de 22 % à 35 % en santé.

Une rencontre a eu lieu avec M. Trudeau et son ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, la semaine dernière, mais les provinces en sont ressorties déçues de ne pas avoir obtenu un engagement clair de la part du gouvernement fédéral pour le financement de la santé à long terme.

Il reste à voir combien de temps le front commun des provinces pourra tenir. Il avait volé en éclats, la dernière fois que des négociations ont eu lieu pour les transferts en santé en 2016, parce que le gouvernement Trudeau avait réussi à conclure des ententes bilatérales avec certaines provinces de l’Atlantique.