La rouille sur le pont de Québec

Non au péage sur le pont de Québec

La récente entente sur l'utilisation et l'entretien du pont de Québec, qui lie le gouvernement du Québec et le CN, établit clairement le principe d'une circulation gratuite. L'idée d'un péage pour financer une nouvelle peinture ne trouve d'ailleurs pas d'appui dans la région.
La possibilité de faire payer les automobilistes pour investir les sommes dans une nouvelle peinture a été évoquée par le Journal de Québec.
Or, on peut lire dans la convention signée en 2013 par la sous-ministre des Transports, Dominique Savoie, et le vice-président du CN, Sean Finn, que «les lieux ne pourront être utilisés sans le consentement écrit préalable du CN que pour la circulation à titre gratuit des véhicules routiers par le public en général».
Le gouvernement voulait ainsi s'assurer que le CN ne puisse bloquer la circulation. Pas moins de 35 000 véhicules circulent quotidiennement sur le pont de Québec. Le propriétaire de la structure s'est assuré en échange que les camions de gros gabarit demeurent interdits de passage, sauf en cas d'urgence.
De toute façon, le ministre Sam Hamad, responsable de la Capitale-Nationale, n'a pas tardé à dire «non, non, non» à toute forme de péage. «C'est pas aux citoyens de prendre la responsabilité d'une compagnie privée qui fait des profits et dire : on va payer pour vous», a-t-il réagi mercredi.
Son collègue Robert Poëti a rappelé que le provincial s'oppose au péage sur le futur pont Champlain, à Montréal.
Même froideur du côté du maire de Québec, Régis Labeaume : «Il ne faut pas travailler pour faire en sorte que le CN puisse se soustraire à ses responsabilités. C'est clair que c'est le CN qui doit payer. C'est sa responsabilité. C'est son pont.»
Son homologue de Lévis, Gilles Lehouillier, a été moins cassant. «Ce n'est pas notre rayon. Nous, on veut s'assurer que le pont soit peinturé», a-t-il rappelé.
L'opposition officielle a par ailleurs invité les libéraux à préciser leur plan de match pour faire peinturer le pont de Québec.
«Le premier ministre disait, en campagne électorale, qu'il était dommage de voir le pont «moitié rouillé et moitié peinturé». Alors que le dossier s'enlise, outre écrire au CN, le gouvernement a-t-il une stratégie? Va-t-il contacter le ministre [fédéral] Denis Lebel afin de voir si une modification législative pourrait faire en sorte de protéger notre patrimoine national?» a demandé Agnès Maltais dans un communiqué de presse.
Avec Simon Boivin et Stéphanie Martin