Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, accompagné d'Anne Boutin et Claudie Laberge, de la Croix-Rouge, lors d'un point de presse mercredi, trois mois après le passage des tornades dévastatrices dans la région.

Noël à l’hôtel pour 28 ménages sinistrés de la tornade

Une vingtaine de ménages chassés de leur logement par la tornade de septembre devront passer la période des Fêtes à l’hôtel. Trois mois après le sinistre, 157 ménages ont été relogés, mais 28 familles attendent toujours une solution permanente qui leur permettra de reprendre une vie normale, selon un bilan brossé par la Croix-Rouge, mercredi matin.

Ce nombre diminuera considérablement d’ici le 1er février alors qu’une quinzaine de ménages devaient avoir été relogés d’ici là.   

«On travaille ardemment à trouver des solutions et de la disponibilité de logements, a insisté Claudie Laberge, directrice de la gestion des urgences de la Croix-Rouge pour le Québec. Pour nous, l’important c’est que les gens aient un toit, qu’ils soient en sécurité, qu’ils puissent manger et être en famille, le plus convenablement possible. On travaille très fort pour trouver des solutions, mais tout dépend de la disponibilité de logements. Vivre à l’hôtel pour une famille, manger au restaurant ou des plats préparés, ce n’est pas habituel. On cherche des solutions pour donner une meilleure qualité de vie à ces gens.»

À ce chapitre, les nouvelles sont peu encourageantes. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a expliqué que les conséquences de la tornade ont été importantes sur le marché du logement. Actuellement, a-t-il dit, le taux d’inoccupation à Gatineau est de 1,2 %. «Ce n’est pas beaucoup d’espace pour des familles qui se cherchent un logement, note le maire. On est en discussion avec Québec pour la suite des choses, quand en juin, l’aide au loyer offert par la Croix-Rouge pourrait prendre fin. Ce sera un moment important pour nous. Les conséquences de la tornade sont loin d’être terminées.»

Le maire a précisé que certains promoteurs ont des projets sur la table, mais que les unités ne seront pas construites en juin. Les solutions à court terme pourraient donc venir d’un soutien au logement plus intensif afin de permettre aux gens de payer l’écart de loyer qu’ils doivent assumer. 

Depuis le sinistre, la Ville de Gatineau a autorisé la démolition de 113 unités de logement, souvent abordables, et émis des permis de rénovation ou de construction pour 663 logements, incluant ceux du complexe Radisson. 

Mme Laberge a précisé que 2224 personnes sinistrées se sont inscrites auprès de la Croix-Rouge dont 856 dans les 72 premières heures après le drame. Plus de 220 bénévoles ont contribué aux opérations. Certains sont toujours sur le terrain et interviennent encore. 

«On rencontre des gens quotidiennement, des sinistrés, pour les aider à remplir notre programme d’aide financière et pour donner tout le soutien moral dont ils ont besoin, note-t-elle. Nous travaillons aussi à diriger les sinistrés vers d’autres organismes locaux au besoin.»

Les dons amassés totalisent 5,6 millions $, incluant les 3 millions $ déboursés par le gouvernement du Québec. Jusqu’ici, 1,7 million $ ont été versés aux sinistrés. Mme Laberge explique que c’est normal puisque l’aide au logement, par exemple, se poursuit dans le temps et est versée chaque mois. Un montant de 1 million $ a été réservé afin de faire face aux besoins qui pourraient émerger dans les prochains mois. «Un sinistre comme celui-là dure dans le temps, dit-elle. Nous pourrons être en mesure d’adapter notre aide en fonction des besoins émergents pour les mois qui viennent.»

La Croix-Rouge offre aussi de l’aide financière aux organismes communautaires qui subissent les conséquences de la tornade. Certains ont vu leur clientèle exploser en raison du sinistre. «Cette aide leur permet de poursuivre leur aide et d’adapter leurs services à une clientèle dans le besoin.»