Neufchâtel-Lebourgneuf: taxation et transport au coeur du débat entre les candidats

La taxation et la fluidité de la circulation, notamment la possible construction d’un tunnel à l’intersection des boulevards Robert-Bourrassa et Lebourgneuf, ont été les principaux thèmes au coeur du débat entre les candidats de l’élection partielle du district Neufchâtel-Lebourgneuf. Normal, alors que le débat de mardi se tenait devant quelques dizaines de membres du regroupement d’affaires Axe Lebourgneuf. Le secteur compte 900 bureaux et commerces qui emploient 20 000 travailleurs.

«Le taux de taxation est très préoccupant pour les commerçants, soutient Patrick Paquet, candidat de Québec 21, qui évoque le fait que les taxes ont parfois grimpé pour certains entre 60% et 125% depuis 2008. Les gens nous disent qu’ils sont pris à la gorge. Il faut les laisser souffler», poursuit celui qui préconise au minimum un gel de taxes, peut-être une baisse.

Le candidat pour l’Alliance citoyenne de Québec, Daniel Brisson, est plus tranchant, promettant une baisse des taxes commerciales de 4% sur deux ans. «C’est sûr que c’est un manque à gagner pour la ville, mais je suis certain qu’il est possible de couper dans les dépenses pour compenser la perte», explique-t-il, tout en soulevant le fait que des commerçants, surtout les plus petits, s’empêchent parfois de faire une embauche pour payer leurs taxes.

Tout au long du débat, Dominique Turgeon, d’Équipe Labeaume, la seule qui en est à sa première élection, avait la lourde tâche de défendre le bilan de l’administration actuelle. 

«Des taxes, c’est un mal nécessaire. Tout le monde trouve qu’il paie trop de taxes. Il faut rappeler que l’économie roule à plein et qu’on paie des taxes en proportion du commerce qu’on fait», estime-t-elle.

Au chapitre des transports, l’engagement de lundi d’Équipe Labeaume a refait surface. La candidate Turgeon soutient que l’amélioration de la fluidité du trafic à l’angle Robert Bourassa et Lebourgneuf passe par la construction d’un tunnel pour éliminer les feux de circulation à cet endroit. Robert-Bourassa passerait donc en sous-sol comme à la hauteur du chemin des Quatre-Bourgeois.

«La solution n’est pas là, avance M. Paquet. Il faut ajouter une voie dans chaque direction sur Robert-Bourassa entre Lebourgneuf et Chauveau.»

Le candidat Brisson convient avec lui que la solution n’est pas un tunnel. «Il faudrait aussi prévenir le gouvernement Legault qu’il devra payer 40 à 50 millions $ pour cette infrastructure. Je ne sais pas s’il est courant», a-t-il ironisé, devant l’incertitude d’une réponse favorable du ministère des Transports.

Pas de gagnant

Le débat a aussi donné lieu à quelques échanges plus corsés. 

M. Paquet s’est même offert une question à la façon Jean-François Lisée. Lors du dernier débat aux élections provinciales, l’ex-chef péquiste avait, hors sujet, demandé à la co-porte-parole de Québec Solidaire, Manon Massé, qui dirigeait véritablement son parti. 

Mardi, le candidat de Québec 21 a demandé à Mme Turgeon ce qu’elle pensait du départ de son prédécesseur Jonatan Julien. Ce à quoi elle a répondu n’avoir eu que de bons commentaires sur le travail de celui qui est maintenant ministre caquiste.

À l’inverse, M. Paquet n’a pas apprécié la déclaration de son adversaire qui dit vouloir offrir «le pouvoir, le poids politique d’Équipe Labeaume» aux électeurs du district. «On se croirait à l’époque de Duplessis», a-t-il commenté après le débat.

Les trois candidats ont offert une performance assez solide et honnête. Difficile de dire qui sort gagnant de ce débat pendant lequel, disons-le, MM. Paquet et Brisson semblaient un peu plus au fait des dossiers. 

Ce qui a même fait dire candidement à Mme Turgeon, à propos d’une interrogation sur la localisation de la centrale de police, «qu’elle ne connaissait pas les réponses aux questions il y a un mois.»