Selon Brian Mulroney, Nancy Reagan avait une forte influence sur les décisions que prenaient Ronald Reagan.

Mulroney sur Nancy Reagan: «Une lourde perte pour le monde»

«Je l'ai trouvée toujours sympathique et admirable dans tout. C'était une femme joyeuse, polie, respectueuse... mais avec une épine dorsale de fer», raconte Brian Mulroney.
L'ancien premier ministre canadien a côtoyé Nancy Reagan pendant près de 30 ans, notamment lorsque son époux Ronald Reagan était président des États-Unis. «On se voyait assez souvent, on avait des conversations téléphoniques sur une base régulière», raconte-t-il, ajoutant qu'ils ont déjà pris des vacances ensemble. L'an dernier, il l'avait revue à l'occasion d'un dîner lors d'une visite à Los Angeles.
La nouvelle n'a pas surpris M. Mulroney. «C'était évident que sa situation personnelle était loin d'être rose. Elle avait 94 ans, et elle était assez fragile.»
L'ex-premier ministre a appris samedi soir, par la famille de Mme Reagan, que sa situation s'était détériorée. L'ex-première dame des États-Unis s'est éteinte le lendemain, dans sa maison de Los Angeles, d'une insuffisance cardiaque.
«Je pense qu'elle était soulagée. Elle adorait son mari, et elle voulait justement se joindre à lui. Alors, c'est réalisé maintenant... en haut.»
52 ans de mariage
Le couple s'est marié en 1952. Ils sont restés unis jusqu'à la mort de Ronald Reagan, en 2004, après une longue bataille contre l'Alzheimer. Pendant près de dix ans, la maladie avait rendu la communication presque impossible entre les époux, racontait M. Mulroney au Soleil, en 2004, peu après le décès de M. Reagan.
Dévouée à son mari, Mme Reagan a aussi exercé une influence importante sur ce dernier, et sur «la quasi-totalité des grandes politiques», constate Brian Mulroney. Main de fer dans un gant de velours, Nancy Reagan avait une force insoupçonnée. Souriante et sympathique, elle devenait féroce lorsque venait le temps de défendre son époux, raconte Brian Mulroney.
«Étant irlandais, [Ronald Reagan] avait tendance, comme elle le disait, à dire oui à des gens qui n'avaient pas son intérêt à coeur, alors elle intervenait.»
En 1986, à l'insu de tous, Mme Nancy Reagan est intervenue pour faire congédier le chef de cabinet de Ronald Reagan, raconte-t-il. «Elle considérait qu'il ne faisait pas un travail qui favorisait l'avancement des intérêts du président.»
Proche de Mme Reagan, Brian Mulroney lui reconnaît de nombreuses qualités, dont la principale reste sa loyauté à son époux.
«Je l'ai bien aimée», exprime-t-il. «C'est une lourde perte pour l'Amérique et le monde.»