La première ministre Pauline Marois

Mourir dans la dignité: Marois lance l'appel de la dernière chance

En vain. Pauline Marois a lancé un ultime appel au chef libéral Philippe Couillard pour tenter d'assurer l'adoption du projet de loi sur le droit de mourir dans la dignité avant qu'elle ne lance le Québec en élections.
C'est jeudi, vers 9h, que la première ministre a téléphoné au leader du Parti libéral du Québec (PLQ) pour sonder la possibilité d'accélérer l'étude finale d'une législation en chantier depuis quatre ans. Elle a fait de même auprès du meneur de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.
Le leader parlementaire du Parti québécois (PQ), Stéphane Bédard, a confirmé la démarche de sa chef, démarche «pour faire débloquer ce dossier important pour nous et le Québec. J'ai le mandat d'aller rencontrer [ses homologues, le libéral Pierre Moreau et le caquiste Gérard Deltell] pour prévoir un horaire».
Son parcours a été fructueux auprès de la CAQ. La formation de François Legault a accepté l'aménagement du temps de parole proposé par M. Bédard pour que les caquistes désireux de le faire s'expliquent sur le sens de leur vote. La CAQ appuie le projet.
L'approche a été un échec auprès des libéraux. Ils ont dit non à un réaménagement pour qu'une trentaine des leurs puissent s'exprimer afin de voter en faveur du projet, en fin de journée.
Comme Philippe Couillard le martèle depuis quelques jours, les membres de l'aile parlementaire du PLQ font du dossier un cas de «vote de conscience». Ils refusent de se faire bousculer. Hier, une dizaine d'entre eux ont commencé à s'expliquer.
Tout n'est pas perdu pour la ministre Véronique Hivon qui désespère de faire adopter un projet sur lequel elle planche depuis 2009. Si Pauline Marois ne convoque pas les Québécois aux urnes avant la reprise des travaux parlementaires, les quelque 25 députés libéraux qui veulent prendre la parole pourront le faire, le 11 mars. Et voter l'adoption finale de la législation.
Marois convoquée
Pendant le huis clos entourant le dévoilement du budget du ministre Nicolas Marceau (Finances), libéraux et caquistes se sont entendus sur une motion pour forcer l'audition de Pauline Marois et de son conjoint Claude Blanchet dans l'affaire qu'il est convenu d'appeler le «deal» avec la FTQ.
Cette histoire d'entente provient d'une conversation téléphonique captée par les policiers, en 2008, et divulguée par la commission Charbonneau. Il était suggéré qu'un investissement du Fonds de solidarité de la FTQ dans une entreprise dirigée par M. Blanchet pourrait persuader le PQ de ne pas tenir de commission d'enquête sur la corruption dans le secteur de la construction. Ce qui n'a pas eu lieu.
La motion réclame que «toute la lumière soit faite» sur l'investissement de 2 999 999,70 $ dans Capital BLF, une société dans le domaine immobilier et une fiducie la famille Marois-Blanchet.
Peu de conséquences sont à craindre, puisque la tenue d'élections à court terme, dont personne ne doute, rendra la démarche caduque. Hier matin, Pauline Marois a laissé tomber, en haussant les épaules, que «j'ai déjà répondu à toutes ces questions et je n'ai rien à ajouter».