Une vingtaine de manifestants ont démontré leur mécontentement durant quelques heures devant les bureaux de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), sur la rue Saint-Antoine, à Montréal.

Montréal: rassemblement pour demander la fin des déportations vers Haïti

MONTRÉAL — L'organisme Solidarité Sans Frontière a organisé un rassemblement «d'urgence», samedi matin, à Montréal, afin de demander un moratoire immédiat sur les déportations d'Haïtiens arrivés de manière irrégulière au Canada.

Une vingtaine de manifestants ont démontré leur mécontentement durant quelques heures devant les bureaux de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), sur la rue Saint-Antoine, à Montréal.

L'un des organisateurs, Frantz André, dénonce que le gouvernement fédéral continue de déporter des Haïtiens, alors qu'il recommande actuellement aux Canadiens d'éviter tout voyage non essentiel en Haïti en raison des violences récentes dans le pays.

Un demandeur d'asile rencontré sur place a raconté qu'il s'est enfui au Canada après que des brigands eurent saccagé sa maison et menacé sa femme et ses enfants.

L'homme âgé de 44 ans, qui souhaite conserver l'anonymat, dit craindre d'être renvoyé en Haïti où ses possessions ont été pillées et où il ne pourrait pas assurer la sécurité de sa famille, croit-il.

«J'ai dû envoyer ma famille quelque part et puis je suis venu ici. J'ai fait une demande familiale et j'espère un jour retrouver ma famille ici saine et sauve», partage l'homme arrivé par avion en décembre.

Plutôt que de retourner en Haïti, l'homme croit qu'il serait mieux en prison au Canada.

«Je veux que les gens comprennent que nous sommes tous frères, quelle que soit notre couleur de peau. J'espère que les gens vont prendre conscience de notre situation et qu'on veut trouver la paix, la tranquillité et mener une vie respectueuse dans la droiture», tenait-il à mentionner.

Solidarité Sans Frontière prétend également que les services frontaliers sont si débordés, à l'heure actuelle, que son personnel doit faire des heures supplémentaires et convoque les demandeurs d'asile les samedis pour leur communiquer la date de leur déportation.

Cette situation est problématique, selon l'organisme, puisque beaucoup d'Haïtiens «forcés de se présenter un samedi y vont sans avocat» et n'ont donc pas accès à tous les recours légaux.

Enfin, les organisateurs du rassemblement critiquent aussi les détails de certaines déportations, les jugeant trop rapides.

Un moratoire a déjà été en vigueur au Canada sur les déportations vers Haïti entre 2004 et 2014.

Citoyenneté et Immigration Canada n'avait pas rappelé La Presse canadienne au moment de publier ce texte.