Monde

L'école Sandy Hook évacuée le jour anniversaire de la tuerie de 2012

NEW YORK — L'école primaire Sandy Hook, théâtre d'une fusillade qui a fait 26 morts en 2012, a été évacuée après une alerte à la bombe vendredi, jour anniversaire de la tuerie, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la police de Newtown, dans le Connecticut.

Tous les enfants ont été évacués sans incident, a précisé le porte-parole.

Les recherches effectuées par la suite en quête d'un éventuel engin explosif n'ont rien donné, mais la responsable éducative du secteur, Lorrie Rodrigue, a ordonné que l'école soit fermée pour la journée.

L'incident est intervenu à la date anniversaire de la tuerie du 14 décembre 2012.

Ce jour-là, Adam Lanza, âgé de 20 ans, avait fait irruption dans l'école élémentaire muni notamment d'un fusil d'assaut et tué 26 personnes, dont 20 enfants âgés de 6 à 7 ans, avant de mettre fin à ses jours.

Le drame avait choqué l'opinion publique et suscité de nouveaux appels à un renforcement de la législation sur les armes, notamment par le président Barack Obama, mais aucune mesure significative n'a été prise depuis.

L'établissement a été démoli en 2013 et entièrement reconstruit, avec un dispositif de sécurité renforcé et un mémorial dans un jardin situé dans la cour de l'école.

Comme chaque année, Newtown a commémoré le souvenir des victimes, notamment en observant une minute de silence vers 9h30, heure à laquelle Adam Lanza était entré dans l'école.

Monde

Attentat de Strasbourg: une quatrième victime succombe à ses blessures

STRASBOURG — Au lendemain de la mort du tireur du marché de Noël de Strasbourg, sept membres de son entourage étaient toujours en garde à vue vendredi, tandis que les enquêteurs français poursuivaient leurs investigations pour «identifier d'éventuels complices» du djihadiste.

Le parquet de Paris a par ailleurs annoncé vendredi qu'une quatrième victime avait succombé à ses blessures à la suite de l'attentat.

La vie reprenait doucement son cours dans la capitale alsacienne, toute proche de la frontière allemande, avec la réouverture du très touristique marché de Noël, endeuillé par l'équipée meurtrière de Chérif Chekatt, tué jeudi soir par la police au terme de 48 heures d'une traque angoissante.

Entre les chants de Noël et les guirlandes des cabanons rallumées, l'odeur de vin chaud se répandait dans les allées. «Il est très bon, on sent bien la cannelle», savoure Philippe, en déambulant avec sa femme parmi les étals de pains d'épices, bretzel et confiseries.

C'est dans ce décor de fête, fréquenté chaque année par deux millions de visiteurs venus du monde entier, qu'a frappé mardi soir Chérif Chekatt, un délinquant multirécidiviste de 29 ans, qui a tué quatre personnes et en a blessé 12 autres, selon le dernier bilan.

Le groupe État islamique, qui appelle régulièrement à viser les pays membres de la coalition internationale anti-djihadiste en Syrie et en Irak, a affirmé jeudi soir que Chekatt était l'un de ses «soldats», peu après la mort de ce dernier.

Mais cette revendication a été qualifiée de «totalement opportuniste» par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

L'enquête devra élucider si le tueur a bénéficié d'éventuelles complicités «susceptibles de l'avoir aidé ou encouragé dans la préparation de son passage à l'acte», a de son côté souligné le procureur de Paris, Rémy Heitz, lors d'une conférence de presse.

Sept membres de l'entourage du tueur étaient en garde à vue vendredi, dont ses parents et deux de ses frères, a précisé le procureur.

800 témoignages

Un autre de ses frères, également radicalisé et visé par un mandat de recherche émis après l'attentat, a été interpellé en Algérie, selon plusieurs sources proches du dossier.

Né à Strasbourg, Chérif Chekatt avait un passé judiciaire très chargé (27 condamnations en France, en Allemagne et en Suisse) et était fiché «S» («sûreté de l'État») pour sa radicalisation islamiste.

Faute de piste, malgré les importants moyens déployés, la police avait fini par diffuser un avis de recherche avec sa photo mercredi soir.

Cela a «permis de recueillir près de 800 appels» dont deux témoignages «déterminants» pour localiser la zone où se cachait le fugitif, a souligné le procureur de Paris. «Une opération d'ampleur mobilisant un hélicoptère» a alors été engagée, «afin de concentrer les recherches sur ce secteur», situé au sud du centre-ville, a-t-il indiqué.

Repéré par une patrouille de police, Chérif Chekatt a fait mine d'entrer dans un immeuble avant de pointer son arme vers les policiers qui se rapprochaient, selon le procureur.

«Un projectile a atteint le véhicule de la police au-dessus de la portière arrière gauche. Deux des trois policiers ont alors riposté, tirant à de nombreuses reprises, et tuant l'auteur», a-t-il précisé.

Après ce dénouement, les forces de l'ordre ont été applaudies par les badauds, rassemblés aux abords du périmètre de sécurité. «Bravo!» ont lancé certains d'entre eux.

Prosélytisme «parfois agressif»

«Merci à l'ensemble des services mobilisés, policiers, gendarmes et militaires. Notre engagement contre le terrorisme est total», a tweeté le président Emmanuel Macron, qui se rendra à Strasbourg en fin de journée.

Malgré ces hommages rendus aux forces de l'ordre, des questions demeurent sur d'éventuelles failles.

«La sûreté à 100 %, c'est très difficile à organiser mais les forces de sécurité qui étaient présentes et nombreuses sur le marché de Strasbourg ont parfaitement réagi», a estimé vendredi la ministre des Armées, Florence Parly.

Autre débat, des voix se sont aussi élevées dans l'opposition de droite pour réclamer des mesures plus strictes à l'encontre des personnes suivies par les services de renseignement pour leur radicalisation religieuse.

À chacun de ses séjours en prison, Chérif Chekatt avait été repéré pour son prosélytisme «parfois agressif», lui qui avait une affiche de Ben Laden dans une de ses cellules.

Les «fichés S» tels que lui doivent pouvoir être déférés devant la justice pour «intelligence avec l'ennemi», a réclamé la présidente du parti d'extrême droite Rassemblement national (RN) Marine Le Pen, rejointe par certains responsables de la droite modérée.

«Un mauvais débat», leur a répondu vendredi Florence Parly, estimant qu'on «ne peut pas arrêter quelqu'un pour le seul motif qu'on pense qu'il va peut-être commettre quelque chose».

Monde

Trump de nouveau accusé par son ex-avocat Michael Cohen

WASHINGTON — L'ex-avocat Michael Cohen a de nouveau chargé Donald Trump vendredi, affirmant dans une interview télévisée que le président américain n'ignorait rien de l'illégalité de versements effectués à deux anciennes maîtresses supposées pour prix de leur silence.

Interrogé sur ABC News sur le fait de savoir si Donald Trump savait lors de la campagne de 2016 que ces paiements à Stormy Daniels, une ancienne actrice pornographique, et Karen McDougal, une playmate, étaient «répréhensibles», Michael Cohen a répondu : «bien sûr».

Donald Trump a agi ainsi car «il était très inquiet des effets que [ces affirmations des deux femmes] auraient pu avoir sur l'élection», a poursuivi Michael Cohen, dans de premières déclarations publiques depuis sa condamnation jeudi à trois années de prison par un tribunal de New York.

Donald Trump assure de son côté qu'il n'a jamais demandé à Michael Cohen de violer la loi et fait porter à l'avocat la responsabilité d'éventuelles erreurs.

«Je ne pense pas que quelqu'un puisse croire cela», a répliqué Michael Cohen, dans l'émission Good Morning America.

«Tout d'abord, rien de ce qui était fait au sein de la Trump Organisation ne pouvait avoir lieu sans l'assentiment de M. Trump. Il m'a ordonné d'effectuer ces versements, il m'a ordonné d'être impliqué dans ces affaires», a dit l'ancien homme de confiance de Donald Trump.

L'avocat de 52 ans a notamment été condamné pour avoir organisé le paiement de 280 000 $ aux deux femmes afin d'acheter leur silence et ainsi d'«influencer l'élection» présidentielle de 2016.

Pour la justice, ces versements constituent une violation des lois sur le financement des campagnes électorales.

En plus de sa peine de prison, qu'il commencera à purger en mars prochain, Michael Cohen a été condamné à 100 000 $ d'amende.

«Loyauté aveugle»

Donald Trump «connaît la vérité. Je connais la vérité, d'autres connaissent la vérité», a affirmé Michael Cohen.

«Et voici la vérité : le peuple des États-Unis, les gens dans le monde ne croient pas ce qu'il dit. Cet homme ne dit pas la vérité. Et il est triste que je doive prendre la responsabilité de ces sales coups», a-t-il ajouté, reprenant certains des mots qu'il avait utilisés cette semaine lorsqu'il avait fait amende honorable devant la cour de New York.

Ce dossier sur ces versements d'argent est venu s'ajouter à l'enquête sur les ingérences russes dans la campagne de 2016 et une éventuelle collusion entre Moscou et l'équipe Trump que mène le procureur spécial Robert Mueller.

Michael Cohen a affirmé que, selon lui, Donald Trump ne disait pas la vérité à propos de cette enquête russe. «Non», a-t-il laconiquement répondu, sans commenter plus en détail, disant ne pas vouloir risquer de «compromettre» les enquêtes en cours.

L'ex-avocat, qui se disait prêt il y a encore quelques mois à «prendre une balle» pour Donald Trump, a affirmé «en avoir fini avec les mensonges» ainsi qu'avec sa «loyauté aveugle» pour un homme qu'il admirait, mais qui est selon lui très «différent» depuis qu'il est entré dans le Bureau ovale.

Ces déclarations de l'ancien homme de confiance sont une nouvelle manifestation du climat délétère autour de la Maison-Blanche. La possibilité d'une inculpation du président américain ou du déclenchement d'une procédure de destitution est désormais ouvertement évoquée par des élus démocrates.

Et les révélations sur les affaires autour de Donald Trump se succèdent.

Vendredi, le New York Times et le Wall Street Journal ont ainsi affirmé qu'une enquête fédérale était en cours pour déterminer l'existence de versements illicites de personnalités étrangères au comité chargé d'organiser l'investiture de Donald Trump.

Les quotidiens, citant des sources proches du dossier, affirment que cette nouvelle enquête se concentre sur de possibles versements de donateurs originaires du Qatar, de l'Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis, qui auraient cherché à influencer la politique américaine.

Monde

Khashoggi: le Sénat américain blâme le prince saoudien

WASHINGTON — Le Sénat américain a adopté jeudi une résolution affirmant que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane est responsable du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Cette réprimande directe envers le prince héritier a été adoptée à l’unanimité. La résolution appelle le gouvernement saoudien à «assurer une reddition de comptes appropriée».

On ne sait pas encore si la résolution sera soumise à la Chambre des représentants.

Les sénateurs ont décidé de présenter ce texte après que le président Donald Trump eut mis en doute la responsabilité du prince saoudien dans la mort de M. Khashoggi et louangé le royaume ultraconservateur.

Les responsables du renseignement américain ont conclu que le prince Ben Salmane devait au moins être au courant du complot.

Les sénateurs avaient précédemment adopté une autre mesure réclamant la fin du soutien américaine à la guerre menée par l’Arabie saoudite au Yémen.