Un porte-parole du gouvernement japonais a dit que le missile tiré vendredi a volé pendant environ 45 minutes, soit cinq minutes de plus que le missile du 4 juillet, avant de tomber dans les eaux japonaises entre le Japon et la péninsule coréenne.

Washington et Séoul réagissent à un nouveau tir nord-coréen

La Corée du Nord a procédé vendredi à un nouveau tir de missile balistique, qui a fini sa course en mer du Japon.
Washington, Tokyo, Séoul, l'Union européenne et Paris ont immédiatement condamné le tir de Pyongyang, qui serait selon le Pentagone le second missile balistique intercontinental (ICBM) lancé par la Corée du Nord en un mois.
«Notre analyse est que ce missile était un missile balistique intercontinental» (ICBM), a déclaré le capitaine de vaisseau Jeff Davis, porte-parole de la Défense américaine. Le missile «a été tiré depuis Mupyong-ni et a volé sur environ 1000 kilomètres avant de tomber dans les eaux de la mer du Japon.»
Selon la Russie, qui entretient des relations avec Pyongyang, ce missile serait toutefois un engin de portée intermédiaire.
Les chefs militaires américains et sud-coréens ont discuté d'«options de réaction militaire», selon le Pentagone. Le général Joe Dunford, chef d'état-major inter-armées, et l'amiral Harry Harris, chef du commandement Pacifique de la marine américaine, se sont entretenus avec le chef d'état-major inter-armées sud-coréen, le général Lee Sun Jin.
«Au cours de cet appel, Dunford et Harris ont exprimé l'engagement irrévocable envers l'alliance américano-sud-coréenne», a indiqué le bureau du général Dunford dans un communiqué.
Le Pentagone prépare depuis longtemps l'éventualité d'un conflit avec la Corée du Nord, mais le langage tranchant de ce communiqué marque une évolution par rapport aux précédentes réactions publiques ayant suivi des essais de missiles.
Auparavant, il s'agissait de critiquer les tirs, mais sans mentionner d'options militaires de représailles.
Ce lancement survient un mois à peine après le premier test réussi par Pyongyang d'un missile balistique intercontinental (ICBM) susceptible d'atteindre le nord-ouest des Etats-Unis, en particulier l'Alaska.
Ce succès technologique, réalisé le 4 juillet, jour de la fête d'indépendance des États-Unis, rapproche le régime communiste de son objectif : être en mesure de menacer le territoire continental américain du feu nucléaire.
Réunions d'urgence à Tokyo et à Séoul
Tiré le lendemain du 64e anniversaire de l'armistice qui a mis fin à la guerre de Corée (1950-1953), il a atteint une altitude de 681 km et a parcouru 732 km avant de tomber en mer du Japon, sans poser de menace pour la Russie, selon Moscou.
Du côté du Japon, l'un des pays les plus exposés à la menace nord-coréenne, le premier ministre Shinzo Abe a annoncé une réunion de son conseil de sécurité nationale.
Le «missile balistique lancé depuis la Corée du Nord a volé pendant 45 minutes et est tombé dans notre zone économique exclusive, en mer du Japon». Il n'y a pas eu de «dégâts infligés à des bateaux ou à des avions», a déclaré le porte-parole du premier ministre japonais.
Le président sud-coréen, Moon Jae-In, a lui aussi convoqué une réunion d'urgence de son équipe de sécurité nationale, selon l'agence de presse Yonhap.
L'Union européenne a condamné le nouveau tir de missile, estimant qu'il «menaçait sérieusement la paix et la sécurité internationales». Ce tir «est une violation flagrante des obligations internationales de la Corée du Nord telles que posées dans plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU», a indiqué un communiqué de la diplomatie européenne.
La France a pour sa part appelé à «l'adoption rapide de sanctions additionnelles et fortes» par le Conseil de sécurité de l'ONU.
Jusqu'ici, la stratégie des États-Unis - qu'il s'agisse de l'administration de Donald Trump ou de celle de Barack Obama - n'a pas porté ses fruits : malgré un renforcement des sanctions internationales à l'ONU et des pressions sur la Chine, principale alliée de la Corée du Nord, le régime du dirigeant Kim Jong-Un a poursuivi ses programmes militaires balistique et nucléaire.
Exercice en cours
Les États-Unis et la Corée du Sud ont finalement décidé vendredi soir de mener un exercice militaire en utilisant des missiles sol-sol, quelques heures après cette nouvelle provocation de Pyonyang.
L'exercice commun s'est déroulé tôt samedi matin, heure de Séoul, peu après l'annonce par le Pentagone que les chefs militaires américains et sud-coréens avaient discuté d'options de réaction militaire à la suite du second tir par Pyongyang d'un ICBM qui pourrait être en mesure d'atteindre le sol américain.
L'armée de terre américaine a indiqué vendredi soir dans un communiqué que l'exercice avait été mené à partir de systèmes de missiles tactiques (ATACMS) sol-sol américains et des missiles balistiques sud-coréens Hyunmoo II.
Un responsable de la Défense avait indiqué à l'AFP, sous couvert d'anonymat, quelques minutes avant ce communiqué : «Nous menons un exercice en tirant des munitions réelles en réaction au lancement de missile par la Corée du Nord.»
Selon l'armée de terre, «les ATACMS peuvent être rapidement déployés et engagés, et fournissent des capacités de précision de frappes en profondeur, permettant à l'alliance République de Corée-États-Unis d'engager tout un éventail de cibles rapidement dans toutes les conditions climatiques.»