Bien que les victimes de dimanche soir soient exclusivement musulmanes, un porte-parole du président américain a utilisé l'événement pour plaider en faveur du décret qui limite les déplacements des ressortissants de sept pays à majorité musulmane aux États-Unis.

Washington cite la fusillade à Québec pour justifier ses politiques

La Maison-Blanche a invoqué la fusillade dans une mosquée de Québec pour défendre la nouvelle politique controversée de sécurité nationale du président Donald Trump.
Bien que les victimes de dimanche soir soient exclusivement musulmanes, un porte-parole du président américain a utilisé l'événement pour plaider en faveur du décret qui limite les déplacements des ressortissants de sept pays à majorité musulmane aux États-Unis.
Le porte-parole Sean Spicer a commencé la séance d'information quotidienne de la Maison-Blanche, lundi, en disant que Donald Trump avait appelé le premier ministre Justin Trudeau. Le président américain a offert au Canada ses prières, ses condoléances et toute aide dont le pays pourrait avoir besoin, a dit M. Spicer.
Le porte-parole a ensuite fait cette déclaration : «C'est un rappel terrible de pourquoi nous devons rester vigilants. Et pourquoi le président prend des mesures pour être proactif, pas réactif.»
M. Spicer a clairement indiqué, plus tard au cours de la conférence de presse, qu'il parlait du décret sur l'immigration. Il a ensuite été interrogé quant à cette interdiction d'entrée et a poursuivi : «Comme je l'ai dit dans ma déclaration, le président sera très proactif dans la protection de ce pays.»
Le président américain Donald Trump a téléphoné lundi au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, pour lui présenter ses condoléances après la fusillade de dimanche dans une mosquée de Québec, qui a fait six morts et huit blessés.
«Le président Trump a transmis ses condoléances au premier ministre et à la population du Canada à la suite de la fusillade tragique survenue au Centre culturel islamique de Québec, situé dans la ville de Québec, et lui a offert toute aide jugée nécessaire», a indiqué le bureau du premier ministre dans un communiqué.
L'attaque a été qualifiée «d'attentat terroriste», par Justin Trudeau.
Le chef du gouvernement canadien avait samedi lancé un message de rassemblement et d'unité en promettant d'accueillir les réfugiés «indépendamment de leur foi». Des propos qui se démarquaient de la politique américaine après la décision du président Donald Trump d'interdire l'entrée des États-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans.
Réactions internationales
François Hollande a dénoncé lundi «avec la plus grande fermeté l'odieux attentat» de Québec, affirmant que «c'est l'esprit de paix et d'ouverture des Québécois que les terroristes ont voulu atteindre».
«Le président de la République dénonce avec la plus grande fermeté l'odieux attentat qui a provoqué la mort d'au moins six personnes et de nombreux blessés dans une mosquée à Québec», indique l'Élysée dans un communiqué.
Quatre des plus grandes mosquées des Pays-Bas ont indiqué lundi avoir décidé de fermer leurs portes pendant la prière, après que six personnes ont été tuées au Canada lors d'une attaque inédite dans une mosquée.
La Mosquée bleue d'Amsterdam et les mosquées As-Sunnah de La Haye, Essalam de Rotterdam et Omar Al Farouk d'Utrecht «se sentent forcées» de fermer leurs portes pendant les prières. Des caméras de sécurité supplémentaires ont été installées aux alentours de la mosquée d'Amsterdam, ont-elles ajouté.
Ces quatre mosquées rassemblent chaque jour des milliers de fidèles.
«C'est décevant que des mesures drastiques de sécurité doivent être mises en place», a affirmé Saïd Bouharrou, porte-parole du Conseil néerlandais des mosquées. «Une mosquée est un bâtiment ouvert qui devrait être accessible à n'importe quelle heure du jour pour toutes les personnes en recherche de paix et de calme.»
Les Néerlandais se rendent aux urnes dans un mois et demi pour des élections législatives très attendues et le député anti-islam Geert Wilders est en tête de tous les sondages depuis plusieurs mois.
Ce dernier a promis de fermer les mosquées et les écoles islamiques et d'interdire le Coran, s'il devient premier ministre.