Justin Trudeau embrasse le survivant du camp Nate Leipciger devant les restes d'une chambre à gaz. À droite : le directeur du musée d'État d'Auschwitz-Birkenau, Piotr Cywinski.

Visite émotive de Justin Trudeau à Auschwitz

Le premier ministre Justin Trudeau a effectué une visite très émotive dimanche à l'ancien camp de concentration nazi d'Auschwitz, en Pologne.
M. Trudeau est resté de marbre durant la majeure partie de la visite, franchissant les clôtures de fil barbelé pour explorer les chambres à gaz où plus d'un million de personnes, en très grande majorité des Juifs, ont été tuées durant la Deuxième Guerre mondiale.
Un survivant du camp, Nate Leipciger, un homme de 88 ans qui vit maintenant à Toronto, l'a accompagné durant ces trois heures.
Le premier ministre est demeuré stoïque tandis que M. Leipciger racontait son expérience dans le camp, où il est arrivé en 1943, à l'âge de 11 ans.
Cependant, Justin Trudeau - qui aurait insisté pour se rendre au musée d'État d'Auschwitz-Birkeneau - n'a pas pu retenir ses larmes devant la chambre où la mère et la soeur de M. Leipciger ont perdu la vie, il y a 70 ans.
Le premier ministre a laissé transparaître son émotion à quelques reprises, notamment lorsqu'il a déposé une couronne au nom du Canada devant un mur où des centaines de prisonniers ont été abattus. Après un moment de silence, Justin Trudeau a renoncé à la poignée de main, serrant plutôt M. Lepiciger dans ses bras.
Ébranlé
M. Trudeau a aussi été visiblement ébranlé par une chambre à gaz intacte, portant toujours les marques des ongles de prisonniers désespérés de s'échapper.
Il a laissé pour message dans le livre des visiteurs que «l'humanité doit apprendre à aimer les différences» et que «la tolérance n'est pas suffisante».
«Aujourd'hui, nous sommes témoins de la capacité de l'humanité à être délibérément cruelle et malveillante, a-t-il écrit. Souvenons-nous de cette dure vérité, puisse-elle renforcer notre engagement à ne jamais laisser une telle obscurité régner.»
Justin Trudeau devenait le troisième premier ministre canadien à se rendre à Auschwitz, après Jean Chrétien et Stephen Harper. Il était accompagné de la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland et du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.
Le premier ministre, qui était en Pologne à l'occasion du sommet de l'OTAN, s'est dirigé vers l'Ukraine où il rencontrera le président Petro Porochenko. Il doit notamment signer l'accord de libre-échange entre les deux pays, conclu par l'ancien gouvernement conservateur.
La lune de miel se poursuit pour Trudeau
La lune de miel se poursuit pour le premier ministre Justin Trudeau, dont le parti est soutenu par plus d'un Canadien sur deux, indique un sondage publié dimanche.
Près de neuf mois après les élections qui les ont portés au pouvoir, les libéraux de M. Trudeau obtiendraient 52 % des suffrages si des élections avaient lieu actuellement, selon une étude de l'institut Forum Research publiée par le Toronto Star.
Le sondage attribue aux conservateurs un score de 28 % tandis que le Nouveau Parti démocratique (NPD) se situe à 11 %.
«La lune de miel ne donne pas de signes d'essoufflement», juge Lorne Bozinoff, président de Forum Research. Pour l'institut, le soutien dont bénéficie le parti libéral s'explique en grande partie par les liens que M. Trudeau semble avoir su tisser avec la population.
Toujours selon cette étude, le parti de M. Trudeau accroitrait encore sa majorité si des élections avaient lieu aujourd'hui. Dans sa projection de sièges, Forum Research attribue aux libéraux 278 députés sur les 338 de la chambre, contre 55 aux conservateurs et seulement 5 au NPD.
Lors du scrutin d'octobre 2015, le parti libéral avait obtenu 184 sièges, les conservateurs, 99 et le NPD 44.
Le sondage a été réalisé par téléphone le 5 juillet auprès d'un échantillon de 1429 personnes avec une marge d'erreur de 3 %.  Avec AFP