Des partisans de la présidente destituée Park Geun-hye ont affronté les forces de l'ordre dans les rues de Séoul, vendredi.

Violents affrontements en Corée du Sud

Au moins deux personnes ont perdu la vie en Corée du Sud vendredi, lors des violences qui ont éclaté dans la foulée de la décision de la Cour constitutionnelle de confirmer la destitution de la présidente Park Geun-hye.
Une trentaine de manifestants et policiers ont également été blessés quand des affrontements ont éclaté à l'extérieur du tribunal.
Le premier ministre Hwang Kyo-ahn a lancé un appel au calme et demandé aux partisans de Mme Park d'accepter la décision de la cour.
Des dizaines de milliers de personnes se sont aussi rassemblées à Séoul pour célébrer la chute de Mme Park.
Le verdict historique et unanime du comité de huit juges, annoncé vendredi, signifie que Park Geun-hye est la première personne élue démocratiquement en Corée du Sud à être destituée depuis les débuts de la démocratie dans ce pays à la fin des années 1980. Elle pourrait maintenant faire l'objet d'accusations criminelles.
Park Geun-hye est soupçonnée d'avoir permis à une de ses proches, pourtant non élue, de tirer les ficelles du gouvernement.
Dans un discours télévisé, Mme Park avait reconnu avoir accordé une trop grande confiance à Choi Soon-sil, une amie de longue date qui est aussi la fille du dirigeant d'un culte religieux.
La presse sud-coréenne rapportait que la femme de 60 ans se mêlait des affaires gouvernementales en coulisses. Des entreprises auraient notamment été incitées à donner 70 millions $ US à deux fondations contrôlées par Mme Choi.
Le juge en chef par intérim Lee Jung-mi a déclaré que les gestes de Mme Park «ont violé la constitution et la loi, (et elle a trahi) la confiance du public». Il a ensuite ajouté que la destitution de Mme Park s'accompagnerait de «bienfaits énormes» en permettant de protéger la constitution.
L'avocat de Mme Park, Seo Seok-gu, a dénoncé une «décision tragique» prise en réponse à la pression de la rue. Il a aussi remis en question l'impartialité de ce qu'il a appelé un «tribunal bidon».
Les deux victimes seraient deux partisans de Mme Park, un septuagénaire qui a subi des blessures à la tête en chutant de l'autocar policier sur lequel il était monté et un homme qui est décédé de causes inconnues peu de temps après son arrivée à l'hôpital.
La Corée du Sud devra organiser une élection d'ici deux mois pour choisir le successeur de Mme Park. Le libéral Moon Jae-jin dispose actuellement d'une avance confortable dans les sondages.