Les heurts ont débuté après une prière de Palestiniens à la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem.

Violences meurtrières en Cisjordanie et à Jérusalem

Trois Palestiniens ont été tués et des centaines blessés après la prière du vendredi lors de heurts à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée, où un Palestinien a tué dans la soirée à coups de couteau trois Israéliens dans une colonie.
L'attaquant, âgé de 19 ans, a pénétré dans une maison de la colonie de Neve Tsuf, au nord-ouest de Ramallah, où il a tué trois civils israéliens et en a blessé un quatrième avant d'être lui-même blessé par balles par un voisin qui avait entendu les cris des victimes, a indiqué une porte-parole de l'armée.
«Il a attaqué et massacré une famille pendant le dîner de shabat, tuant le grand-père et deux de ses enfants et blessant la grand-mère», a indiqué une porte-parole de l'armée sans donner davantage de détails sur l'identité des victimes.
Sur une photographie du lieu de l'attaque diffusée par l'armée, on voit le sol d'une cuisine totalement recouvert de sang.
Selon l'armée, l'attaquant palestinien avait publié peu de temps avant de s'infiltrer dans la colonie un message sur sa page Facebook où il écrivait notamment: «Tout ce que j'ai c'est un couteau acéré et je répondrai à l'appel de [la mosquée] Al-Aqsa».
Cette attaque est intervenue au terme d'une journée d'affrontements meurtriers entre forces de l'ordre israéliennes et manifestants palestiniens.
Les tensions sont allées crescendo depuis une semaine après une attaque qui a coûté la vie à deux policiers israéliens le 14 juillet dans la vieille ville de Jérusalem.
Israël, selon qui les armes des assaillants avaient été cachées sur l'esplanade des Mosquée, avait alors décidé d'installer des détecteurs de métaux aux entrées de ce site ultra-sensible, le troisième lieu saint de l'islam, mais également révéré par les juifs comme le Mont du temple.
Cette mesure avait provoqué la colère des Palestiniens, et vendredi soir le président Mahmoud Abbas a annoncé que les contacts avec Israël seraient «gelés» tant que ces mesures ne seraient pas annulées.
Après avoir débuté à Jérusalem-Est, les heurts se sont propagés à la Cisjordanie occupée où, selon l'armée israélienne, 3000 Palestiniens se sont rassemblés en plusieurs points, les affrontements les plus violents ayant lieu à Qalandya, près de Ramallah, et à Hébron, dans le sud du territoire palestinien.
Dans ces deux villes, l'armée a répondu aux jets de pierres en utilisant des moyens anti-émeutes, a indiqué une porte-parole de l'armée.
Près de 500 blessés
Selon le ministère palestinien de la Santé, trois Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes lors de heurts dans plusieurs quartiers de Jérusalem-Est vendredi après-midi.
Le Croissant rouge, les services de premiers secours palestiniens, ont fait état de 450 blessés dans des heurts à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, dont 110 dans la ville sainte.
Dans la bande de Gaza, où ont eu lieu aussi des affrontements au niveau de la barrière de sécurité, 40 Palestiniens ont été blessés, dont sept par balles, selon des sources médicales.
La police israélienne a fait état de 29 arrestations vendredi à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
Pour protester contre les portiques de sécurité, les fidèles ne prient plus sur l'esplanade des Mosquées depuis dimanche et le font en dehors du site.
Des centaines de personnes ont ainsi prié vendredi près des portes de la vieille ville, où les rues étaient quadrillées par un important dispositif de sécurité.
La police israélienne avait aussi pris la décision exceptionnelle d'interdire aux hommes de moins de 50 ans l'accès à la Vieille ville.
Israël contrôle les accès à l'esplanade des Mosquées, qui cristallise les tensions israélo-palestiniennes depuis des décennies, mais sa gestion revient à la Jordanie.
«Colère grandissante»
Les ministres jordanien et émirati des Affaires étrangères ont demandé que le site soit «immédiatement» rouvert aux fidèles, appelant la communauté internationale à intervenir.
Le chef de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a de son côté «condamné l'utilisation excessive de la force et de balles réelles» par Israël contre «des civils non-armés», a indiqué son porte-parole Mahmoud Afifi dans un communiqué.
Il a mis en garde contre «la colère grandissante des Palestiniens, des Arabes et des musulmans» à la suite des mesures israéliennes.
Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a plusieurs fois assuré ne pas vouloir modifier les règles tacites permettant aux musulmans de monter à toute heure sur le site et aux juifs de n'y pénétrer qu'à certaines heures, sans pouvoir y prier.
«Israël s'engage à maintenir le statu quo sur le Mont du Temple et la liberté d'accès aux lieux saints», a dit vendredi un responsable israélien.
Les derniers décès portent à 287 le nombre de morts palestiniens depuis le début d'une vague de violences en octobre 2015, qui a aussi coûté la vie à 47 Israéliens, deux Américains, deux Jordaniens, un Érythréen, un Soudanais et une Britannique, selon un décompte de l'AFP.
Selon les autorités israéliennes, la majorité des Palestiniens tués sont des assaillants ou assaillants présumés, souvent jeunes, agissant seuls et armés de couteaux. D'autres ont été tués dans des raids de l'aviation israélienne à Gaza ou lors de manifestations anti-israéliennes.