Les migrants sont arrivés à Mexico en camionnettes, camions, autobus de la police locale ou même en taxis.

Une caravane de migrants arrive à Mexico

MEXICO — Cible des attaques répétées de Donald Trump, la première caravane de migrants en route vers les États-Unis arrivait lundi en ordre dispersé à Mexico, à la veille d’élections de mi-mandat cruciales pour le président américain, qui a placé l’immigration au cœur de sa campagne.

Installés sur des camions empruntant l’autoroute reliant l’État de Puebla (centre) à la capitale mexicaine, plusieurs milliers de migrants convergeaient vers le stade aménagé par les autorités pour les héberger.

Environ 470 migrants sont arrivés dès dimanche dans la mégapole et ont passé la nuit dans ce refuge où de vastes tentes ont été dressées et où ils reçoivent de la nourriture, de l’eau et des soins médicaux.

Lundi en fin de matinée, il y avait 2000 migrants dans ce refuge de Mexico. «On se sent émus [d’être à Mexico], d’avoir reçu autant de marques d’attention», commente Teodoro Josué, un migrant hondurien de 21 ans. «Le climat nous a pas mal affectés, nous avons tous eu la grippe, mais peu importe, nous continuons la lutte», dit-il.

Une grande partie du reste de la caravane a passé la nuit à Puebla, à environ 120 km de Mexico, tandis que quelque 1500 autres migrants, principalement des femmes et des enfants, ont quitté lundi la ville de Cordoba, plus à l’est, dans l’État du Veracruz, en direction de la mégapole.

Cette caravane «va entrer par vagues dans la ville», a expliqué Nashieli Ramirez, directrice de la Commission des droits de l’homme à Mexico, pour atteindre «environ 5000 personnes d’ici mercredi».

De nombreux migrants ont prévu de faire des démarches administratives auprès des autorités mexicaines pour obtenir un permis de transit afin de rejoindre la frontière des États-Unis. Ils devront encore parcourir 2800 km pour rejoindre Tijuana, dans le nord-ouest du Mexique, ou environ 1000 km pour gagner Reynosa, dans l’État du Tamaulipas, l’un des plus dangereux du pays, à la frontière du Texas, où 72 migrants ont été exécutés par le cartel des Zetas en 2010.

Refuge de 5000 personnes

Le refuge aménagé dans un stade de la capitale a une capacité de 5000 personnes. Des postes médicaux y ont été installés, où les migrants sont soignés notamment pour des problèmes respiratoires et des grippes liées aux basses températures. «Je n’ai pas pu dormir à cause du froid», confiait Karla Membreño, une Hondurienne de 23 ans, malade, qui voyage avec son mari et sa belle-sœur.

À Puebla, les migrants ont été logés dans quatre refuges mis à leur disposition par l’Église catholique. Les migrants y sont arrivés en camionnettes, camions, autobus de la police locale ou même en taxis.

Lundi, ils avaient repris leur progression vers la capitale sur des camions à bord desquels ils montaient aux points de péage de l’autoroute conduisant à la capitale mexicaine.

Quelque 2000 migrants centraméricains d’une deuxième caravane ont quitté lundi Arriaga, dans l’État du Chiapas, en direction de Tapanatepec, dans l’État voisin de Oaxaca.

Un troisième groupe de migrants, majoritairement salvadoriens, arrivé dimanche à Tapachula, dans le sud du Chiapas, poursuivait sa route vers Huixtla, dans le même État.

Selon le ministère mexicain de l’Intérieur, environ 3230 Centraméricains ont déposé des demandes d’asile depuis l’entrée de la première caravane.

5200 soldats à la frontière

Ces cortèges de migrants ont déclenché les foudres du président Donald Trump, qui a placé l’immigration au centre de sa campagne pour les élections de mi-mandat de mardi.

Dénonçant depuis plusieurs jours une «invasion», le président américain a annoncé la semaine dernière l’envoi de militaires à la frontière pour empêcher leur entrée, indiquant que leur chiffre pourrait aller jusqu’à 15 000.

Quelque 5200 soldats américains devraient être déployés d’ici lundi soir dans les États frontaliers du Mexique, a déclaré à la presse un porte-parole du ministère américain de la Défense, le colonel Bob Manning.

Ils rejoindront 2100 réservistes de la Garde nationale présents depuis plusieurs mois dans cette zone.