Des civils marchent dans les décombres, à Alep.

Une attaque contre un camp de réfugiés fait 7 morts en Syrie

Un attentat à la voiture piégée a tué samedi au moins sept civils dans un camp de déplacés en Syrie près de la frontière jordanienne, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
L'explosion, qui s'est produite aux abords du camp al-Rokbane, a notamment coûté la vie à quatre membres d'une même famille - le père, la mère et leurs deux enfants - selon l'OSDH qui a fait état de plusieurs blessés, certains dans un état grave.
Cette rare attaque contre un camp de déplacés a été confirmée par une source militaire jordanienne citée par l'agence de presse officielle Pétra.
Selon cette source, 14 personnes blessées dans l'attaque ont été transférées dans une clinique en Jordanie, près de la frontière, pour y être soignées.
Quelque 85 000 déplacés se trouvent dans ce camp de fortune dans l'extrême sud de la Syrie, selon l'ONU.
Le camp est situé dans une région désertique à la frontière jordanienne. Il a pris son nom du poste frontalier jordanien tout proche d'Al-Rokbane, dans le nord-est du royaume.
Les autorités jordaniennes empêchent l'entrée de ces Syriens en disant soupçonner une partie d'entre eux d'être des partisans du groupe djihadiste État islamique (EI) et en affirmant que la plupart sont venus de zones sous contrôle de l'EI, comme Raqa (nord) et Deir Ezzor (est).
Elles ne laissent passer qu'au compte-gouttes les aides humanitaires destinées à ce camp via son territoire, depuis un attentat suicide le 21 juin contre la position de l'armée la plus avancée dans la région de Rokbane qui avait tué sept militaires à la frontière.
Le royaume a ensuite décrété «zones militaires fermées» les frontières avec la Syrie et l'Irak.
La région désertique se trouve dans un triangle où se rejoignent les frontières de la Jordanie, la Syrie et l'Irak.
La Jordanie accueille plus de 600 000 réfugiés syriens selon les Nations unies, 1,4 million selon les autorités d'Amman.
En août, le roi Abdallah II a estimé que son pays avait «une grande responsabilité» par rapport aux réfugiés syriens mais qu'il avait «atteint ses limites».