Un véhicule des services frontaliers américains près de la clôture à la frontière avec le Mexique à McAllen, au Texas

Un groupe Facebook secret met les agents frontaliers américains dans l’embarras

CLINT, Texas - La chef de la patrouille américaine des frontières juge que les messages sexuellement explicites sur des élues du Congrès et les moqueries envers les migrants dans un groupe Facebook secret pour les agents des frontières sont «complètement inappropriés».

L’existence de ce groupe secret a été dévoilée lundi par l’organisation journalistique indépendante ProPublica, au moment où une dizaine d’élus du Congrès se rendaient dans les installations frontalières où sont détenus des enfants migrants dans des conditions que certains jugent inacceptables.

Certains des messages contenaient des images truquées, notamment une où l’on voit un président Donald Trump souriant qui tient la tête de la représentante Alexandria Ocasio-Cortez devant son entre-jambes. D’autres messages qualifient Mme Ocasio-Cortez et sa collègue Veronica Escobar du Texas de «putes», tandis qu’un agent a appelé à «lancer un burrito à ces chiennes».

Mme Ocasio-Cortez, qui représente New York, a affirmé qu’elle n’était pas surprise par ces messages, en particulier après avoir constaté la façon dont sont traités les migrants dans les installations qu’elle a pu visiter.

«C’est simplement révélateur de la culture violente que nous avons vue», a-t-elle dit.

Les démocrates ayant participé aux visites de lundi ont dénoncé avec émotion ce qu’ils disent avoir vu.

«Lorsque nous sommes allés dans la cellule, il était clair qu’il n’y avait pas d’eau (...) En fait, l’une des femmes a déclaré qu’un agent lui avait ordonné de boire dans la toilette», a déclaré le représentant démocrate Joaquin Castro, du Texas, qui est le frère jumeau du candidat à la présidentielle Julian Castro.

Le président Trump a indiqué qu’il n’avait pas vu les publications du groupe Facebook, mais a estimé que les agents de la patrouille frontalière n’étaient pas satisfaits des décisions du Congrès en matière d’immigration.

«Les agents des frontières, ce sont des patriotes, ce sont des gens formidables. Ils aiment notre pays. Ils savent qui arrive» à la frontière, a lancé M. Trump.

Les élus qui ont visité les centres de détention pour migrants ont largement partagé leur expérience sur les médias sociaux. Le représentant Joe Kennedy, du Massachusetts, a estimé qu’ils étaient «comme une prison». Judy Chu, de la Californie, a déclaré: «Ce que nous avons vu était épouvantable et dégoûtant.»

Le représentant Joaquin Castro a suggéré qu’il pourrait y avoir une enquête du Congrès sur les publications du groupe Facebook.

La Patrouille frontalière (Border Patrol) a indiqué qu’une enquête était en cours concernant «ces activités troublantes sur les médias sociaux».

«Ces messages sont totalement inappropriés et contraires à l’honneur et à l’intégrité que je vois et que j’attends de nos agents jour après jour», a déclaré la chef de la Patrouille frontalière, Carla Provost. «Tous les employés coupables d’avoir enfreint nos normes de conduite seront tenus responsables.»

Selon ProPublica, ce groupe secret compte environ 9500 membres.