Dans la foulée de l'attentat qui a frappé le marché de Noël de Berlin l'an dernier, les autorités policières n'ont pas pris de chance et ont rapidement bouclé le marché de Noël de Potsdam, près de la capitale allemande, après la découverte d'un engin suspect.

Un engin suspect découvert au marché de Noël de Potsdam

POTSDAM - Les autorités allemandes ont découvert vendredi un engin suspect près d’un marché de Noël de Potsdam, près de Berlin, près d’un an après un attentat djihadiste meurtrier contre un marché similaire de la capitale.

La dangerosité exacte de l’objet retrouvé n’a pu toutefois être immédiatement établie.

«Est-ce que c’est quelque chose qui n’est pas explosif ou est-ce que c’est quelque chose qui est explosif?» s’est interrogé le ministre de l’Intérieur de la région du Brandebourg, Karl-Heinz Schröter, sur la chaîne de télévision n-tv, alors que la police avait dans un premier temps annoncé la découverte d’un engin explosif.

«Il faut encore que cela soit analysé [et] nous sommes au début [des investigations]», a-t-il insisté, alors que les experts de la police ont neutralisé le paquet suspect.

Câbles et batteries

La police a précisé qu’aucun détonateur n’avait été retrouvé. Dans un tweet, elle a précisé que l’objet suspect était «un objet cylindrique avec des câbles, des batteries et des clous».

Selon M. Schröter, de la poudre se trouvait vraisemblablement dans cet objet. Il est aussi question de la présence d’un puissant pétard utilisé pour la pyrotechnie.

Selon la police, un homme a déposé vendredi ce paquet dans une pharmacie située à proximité immédiate du marché de Noël.

Un employé de la pharmacie a ensuite alerté la police, qui a ordonné d’évacuer une partie du centre de cette ville de l’est de l’Allemagne, au sud-ouest de Berlin.

Reste à établir si le marché de Noël était visé en tant que tel ou seulement la pharmacie. «Les deux options sont possibles», a déclaré dans la soirée le ministre régional.

Une partie du marché de Noël a été évacuée, mais dans l’autre partie, le public continuait de s’affairer entre les kiosques de vente de nourriture et de boissons. Beaucoup de monde se trouvait sur ce marché au moment de la découverte du paquet, a précisé sur n-tv Peter Klemm, l’organisateur de la manifestation.

Le marché de Noël est installé tout le mois de décembre chaque année dans le centre de cette ville touristique et cossue, connue notamment pour son château de Sanssouci.

Précédent de Berlin

Le marché de Noël de Berlin avait été le théâtre d’une attaque au camion-bélier le 19 décembre 2016, faisant 12 morts et plus de 70 blessés.

L’auteur de l’attentat islamiste, le Tunisien Anis Amri, avait pris la fuite, avant d’être tué quelques jours plus tard en Italie.

L’attaque djihadiste de Berlin, revendiquée par l’organisation État islamique (EI), est à ce jour la plus meurtrière jamais commise sur le sol allemand.

L’Allemagne a également été la cible de plusieurs attaques revendiquées par l’EI depuis deux ans.

Le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière a réaffirmé jeudi que l’Allemagne restait en état d’alerte et était toujours dans le viseur des islamistes.

La saison des marchés de Noël, très appréciés des Allemands, a démarré cette semaine en Allemagne et celui du centre de Berlin où a été commis l’attentat l’an dernier a été placé sous haute sécurité.

Dans plusieurs villes du pays, de gros blocs de béton ont été placés devant ces lieux très fréquentés, en particulier le soir. Et les autorités de Potsdam ont indiqué que des vérifications allaient être menées dans d’autres villes du pays pour voir si des engins identiques à celui retrouvé vendredi y ont été déposés.

À la fin du mois de juillet 2017, à Hambourg, un demandeur d’asile en passe d’être débouté a tué une personne à coups de couteau dans un supermarché et en a blessé six autres, un acte motivé selon la justice par «l’islamisme radical».

Les mouvements islamistes potentiellement violents ont connu ces deux dernières années un essor dans le pays. Les services du renseignement intérieur estiment à environ 10 000 le nombre d’islamistes radicaux en Allemagne, dont 1600 soupçonnés de pouvoir passer à la violence.