Un employé du transporteur américain Horizon Air s’est saisi d’un avion de la compagnie, vendredi soir, et a décollé de l’aéroport Sea-Tac, à Seattle, pour ensuite aller s’écraser sur une petite île de l’État de Washington après avoir été poursuivi par des aéronefs militaires.

Un employé «suicidaire» vole un avion et s’écrase

SEATAC, Wash. — Un employé du transporteur américain Horizon Air s’est saisi d’un avion de la compagnie, vendredi soir, et a décollé de l’aéroport Sea-Tac, à Seattle, pour ensuite aller s’écraser sur une petite île de l’État de Washington après avoir été poursuivi par des aéronefs militaires.

Les autorités ont précisé samedi que l’individu âgé de 29 ans travaillait depuis trois ans et demi au sein de Horizon Air et qu’il avait les autorisations nécessaires pour accéder ainsi aux appareils.

L’homme, qui ne semble pas détenir de licence de pilote, a utilisé un remorqueur pour déplacer l’avion et ensuite y embarquer. Les autorités restent perplexes devant sa capacité à mettre le moteur en marche — une opération qui requiert l’enclenchement d’une série de boutons et de leviers.

«Nous ne savons pas comment il a appris à faire ça», a avoué le chef de la direction d’Horizon Air, Gary Beck.

L’homme a également causé la surprise en effectuant des figures acrobatiques avec l’avion avant son écrasement.

Personne d’autre se trouvait à bord puisque l’avion était seulement en «position d’entretien» sur le tarmac.

L’état de santé de ce pilote improvisé n’a pas été précisé, mais le shérif du comté de Pierce, Paul Pastor, a déclaré qu’il «a fait quelque chose de stupide qui lui a peut-être coûté sa vie».

Un porte-parole du bureau du shérif, Ed Troyer, a avancé qu’il était suicidaire et qu’il n’est donc pas question de terrorisme.

La chef de l’exploitation d’Horizon Air, Constance von Muehlen, s’est pour sa part dite «de tout coeur» avec la famille de l’employé, de même qu’avec tout le personnel de la compagnie aérienne, une filiale d’Alaska Airlines.

Des témoins ont rapporté avoir vu l’appareil, un Q400 qui peut transporter jusqu’à 76 passagers, poursuivi par des avions militaires près de l’aéroport, avant qu’il ne s’écrase sur l’île de Ketron, au sud-ouest de Tacoma.

Alaska Airlines assure qu’aucune infrastructure n’a été endommagée au sol. L’écrasement a néanmoins provoqué un incendie dans une zone densément boisée. Des vidéos montrent des flammes surgissant de la forêt sur cette île peu peuplée et seulement accessible par traversier.

Alors qu’il était toujours dans les airs, l’homme a discuté avec les contrôleurs aériens qui tentaient de le convaincre d’atterrir.

«Il y a une piste juste à ta droite dans environ un mile», lui a indiqué l’un d’eux.

«Oh man! Ces gars vont probablement me malmener si j’essaie d’atterrir là, a-t-il répliqué. Ça vaut probablement la prison à vie, eh?»

«Il y a beaucoup de gens qui tiennent à moi. Ça va les décevoir d’apprendre que je viens de faire ça, a-t-il plus tard ajouté. [Je suis] un homme brisé, j’ai une case en moins, j’imagine.»

Les autorités l’avaient d’abord identifié comme un mécanicien, mais il s’agirait finalement d’un agent qui s’occupait notamment de diriger les avions au sol et de faire le déglaçage des appareils en hiver.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a déclaré samedi matin que le président «surveille la situation». Donald Trump se trouve à son club de golf du New Jersey.

Selon l’expert en sécurité des transports, Erroll Southers, cette mésaventure met en lumière l’un des plus graves dangers qui guettent l’aviation commerciale: des employés qui sèment le chaos.

«Nous avons ici un employé auprès duquel on a fait des vérifications pour lui donner accès à l’appareil et qui avait un ensemble de compétences assez vaste pour décoller avec cet appareil», souligne cet ancien agent du FBI.

«S’il avait la capacité de faire des pirouettes avec un avion comme ça, il avait certainement la capacité de le faire heurter un édifice et de tuer des gens au sol», signale-t-il.

L’agent de la police fédérale responsable du dossier, Jay Tabb, a déclaré qu’aucun détail ne serait dévoilé, pas même l’identité de l’employé, pendant que l’enquête suit son cours.