Le président Trump a terminé son discours d'investiture en brandissant le poing.

Un discours, deux visions

Qu'ils soient démocrates ou républicains, la perception des politiciens américains du discours d'inauguration du nouveau président Donald Trump est différente. Le Soleil a demandé le point de vue de deux maires de villes du Maine, l'État possédant la plus longue frontière avec le Québec. Le républicain Jonathan P. Labonté, maire d'Auburn et employé au bureau du gouverneur républicain du Maine Paul Lepage, et le démocrate Joe Baldacci, maire de Bangor et frère de l'ex-gouverneur démocrate John Baldacci, ont répondu à nos questions.
Q: Selon vous, est-ce un discours qui va passer à l'histoire?
R: Jonathan P. Labonté : M. Trump a certainement parlé à la base qui a voté pour lui aux États-Unis. Chez nous, Auburn est une ville qui s'est bâtie durant la révolution industrielle et qui compte plusieurs usines de textile fermées dont les nombreux emplois sont partis vers d'autres pays. Il y a beaucoup de frustration de voir ces opportunités nous échapper.
Joe Baldacci : On s'en souviendra, c'est certain, mais j'ai de la difficulté à dire pourquoi exactement. Il a délibérément fait un contraste très cru entre lui-même et l'administration précédente. Pourtant, il y a beaucoup de gens, moi le premier, qui respectent l'administration précédente. Rendre à l'Amérique sa grandeur... L'Amérique a déjà sa grandeur. Cela dit, nous sommes tous Américains et je souhaite à M. Trump de réussir.
Q: Y a-t-il un élément du discours que vous considérez comme une erreur?
R: Jonathan P. Labonté : Tout dépend de ce qui se passera dans les quatre prochaines années! Nous espérons tous plus d'emplois manufacturiers, et c'est ce qu'il a promis, alors on verra.
Joe Baldacci : Quand il a parlé du crime, des gangs, de la drogue. C'est que le taux de criminalité est à la baisse au niveau national depuis quelques années. Je comprends cependant que dans des endroits comme Chicago, ce genre de langage puisse toucher une corde sensible.
Q Un élément du discours que vous considérez comme un bon coup?
R: Jonathan P. Labonté : Quand il a parlé de placer l'Amérique en premier, de remettre l'Amérique au travail. Également les commentaires qu'il a faits à propos de l'importance de demeurer unis. À Auburn, nous avons beaucoup d'immigrants provenant de Somalie, dont beaucoup de musulmans, et il y avait beaucoup de nervosité dans ces communautés après l'élection de M. Trump. Je crois que ce discours pourra avoir un peu calmé le jeu.
Joe Baldacci : De dire que nous ne sommes qu'une seule nation, de dire que quand l'Amérique est unie, on ne peut pas l'arrêter. C'est quelque chose de très important qu'il devait dire et il l'a dit. Une autre chose dont nous pouvons tous être fiers comme Américains est la manière pacifique avec laquelle se transmet le pouvoir.
Q: Un grand oubli du discours de M. Trump?
R: Jonathan P. Labonté : Je crois qu'il a ratissé assez large pour toucher un peu à tout. Le fait qu'il dise que le même sang rouge du patriotisme coule dans nos veines était un élément à côté duquel il ne pouvait pas passer.
Joe Baldacci : Disons simplement que j'aurais préféré entendre un discours d'inauguration prononcé par Hillary Clinton! 
Q: Une phrase que vous retenez du discours de M. Trump?
R: Jonathan P. Labonté : Personnellement, je ne crois pas qu'il y ait une clip en particulier qui soit ressortie davantage du discours. Il a dit ce que ses partisans, dont moi qui ai voté pour lui, attendaient de lui.
Joe Baldacci : «L'Amérique d'abord» [America First]. C'est une déclaration qui peut avoir une connotation positive comme négative, selon la façon dont on la perçoit, mais essentiellement positive. C'est la principale phrase à se souvenir dans son discours, car elle regroupe l'ensemble de son message. Il s'est donné un agenda ambitieux et maintenant, ses mots doivent être suivis d'actions.