Un couple témoigne du chaos, de la mort qui leur a soufflé dans le cou.

Un couple échappe à la mort de quelques secondes

«Hier, je disais encore à mon fils que depuis 2001 et New York, nous étions dans une "drôle" de guerre sans visage bien précis. Mais qu'il suffisait de ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment...»
Sabine Castel-Renault n'a possiblement jamais si bien dit. Avec son mari Gabriel, elle se trouvait à l'aéroport de Zaventem au moment des attentats. Le couple partait pour la Sicile célébrer son 50e anniversaire de mariage. Avant le départ, les tourtereaux ont fait un arrêt pour prendre un petit déjeuner chez Délifrance dans le hall des départs.
Après qu'ils se soient éloignés quelques mètres : le chaos. Ils ont entendu une première explosion, suivie quelques secondes après d'une deuxième à un endroit différent. En regardant derrière eux, ils ont vu le Délifrance complètement détruit.
Heureusement, ils étaient sains et saufs. Le choc passé, l'heure était à la fuite. Comme pour les attentats de Paris le 13 novembre, ils craignaient des tirs de kalachnikov. «Tout le monde essayait de s'échapper.»
Sabine et Gabriel se sont cachés avec du personnel de bord dans un couloir de l'aéroport. «Un sourire échangé avec nos voisins était très important pendant ce moment-là», se souvient Mme Castel-Renault, qui a reçu toute la journée une «vague de solidarité humaine», faisant contrepoids à l'atrocité des événements.
Avec ce même groupe, ils ont quitté l'aéroport à pied vers Zaventem village, à quelques kilomètres de l'aérogare. Ils ont ensuite rencontré un Bon Samaritain qui les a menés à Leuven (près de Louvain), à 25 kilomètres de Zaventem. L'homme avait déjà secouru trois couples dont un, danois, qu'il avait mené à son hôtel.
«Ils reviennent de loin»
Le couple Castel-Renault a finalement été recueilli par leur fille qui habite un village situé à une vingtaine de kilomètres. «Ils reviennent de loin», dira cette dernière.
«Nous sommes conscients d'avoir eu la chance de notre vie, à deux minutes près, nous étions encore dans le Délifrance. Mais d'autres n'ont pas notre chance», s'attriste Mme Castel-Renault. Son mari et elle resteront chez leur fille, le temps de pouvoir rentrer à la maison à Bruxelles, possiblement mercredi, croit-elle.