Une agence humanitaire des Nations unies a pu fournir, lundi, une aide alimentaire d’urgence à des milliers de Syriens piégés.

Un convoi humanitaire réussit à se rendre dans une banlieue assiégée de Damas

BEYROUTH - Pour la première fois en un peu plus d’un mois, une agence humanitaire des Nations unies a pu fournir une aide alimentaire d’urgence à des milliers de Syriens piégés, lundi, alors que les conditions à l’extérieur de la capitale syrienne se seraient détériorées de façon marquée en raison d’un blocus gouvernemental étouffant.

Le Programme alimentaire mondial et des responsables du Croissant-Rouge arabe syrien ont annoncé avoir été en mesure de se rendre dans la région de la Ghouta, à l’est de Damas, avec suffisamment de nourriture pour 40 000 personnes.

L’agence a toutefois précisé que cette aide d’urgence ne couvre qu’une mince fraction des quelque 350 000 personnes qui ont besoin d’assistance dans la région. Il s’agit de l’une des rares poches de résistance au président syrien Bachar el-Assad, qui dépend de l’aide extérieure et de la contrebande pour survivre à un siège gouvernemental persistant.

Vaccination

Le Croissant-Rouge arabe syrien, qui traverse les lignes rivales, a annoncé avoir conclu sa campagne de vaccination contre la rougeole dans la région de la Ghouta. L’organisation a indiqué avoir vacciné 48 000 enfants lors de deux opérations, en mai et octobre.

Des photos d’enfants décharnés par la famine dans cette région ont ébranlé les observateurs la semaine dernière, et le haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a parlé d’un «scandale».

Au moins 11 personnes ont été tuées dimanche par des bombardements du gouvernement qui ont notamment touché une garderie dans la ville de Kafr Batna.

«Les gens ici ne veulent pas d’assistance, ils veulent que quelqu’un brise le blocus et fasse cesser les bombardements. L’aide d’urgence que nous avons reçue ne durera même pas quelques jours», a soutenu un militant local, Anas al-Dimashqi, qui a parlé à l’Associated Press par l’entremise de l’application WhatsApp.

Reprise des discussions

L’aide alimentaire d’urgence a coïncidé avec la reprise des discussions entre le gouvernement, les rebelles et leurs commanditaires internationaux, la Russie, la Turquie et l’Iran, au Kazakhstan.

Des avancées sont réalisées à pas de tortue, et les banlieues de l’est de Damas ont vu les conditions se détériorer ces dernières semaines.

L’approvisionnement en nourriture a été interrompu dans la région de la Ghouta depuis que les forces gouvernementales ont repris le contrôle, en mai, de deux quartiers de Damas qui servaient auparavant à acheminer secrètement des denrées dans les banlieues favorables à l’opposition.

Le gouvernement du président Bachar el-Assad bloque régulièrement les convois d’aide humanitaire qui tentent de se rendre dans les régions échappant à son contrôle.