Si la Russie aide les États-Unis dans des domaines cruciaux comme la lutte contre les extrémistes djihadistes, alors des sanctions pourraient être levées, a laissé entendre le président élu.

Un conseiller de Trump fréquemment en contact avec l'ambassadeur russe

Dans les dernières semaines, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump s'est fréquemment entretenu avec l'ambassadeur de Russie aux États-Unis, a révélé vendredi un haut fonctionnaire, sous le couvert de l'anonymat.
Le porte-parole du président désigné, Sean Spicer, a confirmé que Michael Flynn et Sergueï Kislyak se sont contactés à plusieurs reprises, notamment à la veille de l'expulsion de 35 diplomates russes par le président sortant, Barack Obama. S'il n'a pas directement nié la tenue d'une discussion le jour même, M. Spicer soutient que les hommes n'ont pas discuté de ces sanctions concernant les allégations d'ingérence du Kremlin dans les élections.
Il n'est pas inhabituel pour une nouvelle administration d'échanger avec des gouvernements étrangers avant son entrée en fonction, mais la présente situation soulève des questions quant au rôle qu'aurait joué l'équipe de M. Trump dans la réaction de Moscou à ces sanctions.
Contre toute attente, le président russe, Vladimir Poutine, n'a pas usé de représailles - une décision que Donald Trump s'est empressé d'applaudir.
Cette proximité entre Michael Flynn et l'ambassadeur russe suggère que le président désigné travaille déjà à mettre en oeuvre le rapprochement promis avec la Russie.
«Si Poutine aime Donald Trump...»
Lors d'une conférence de presse, mercredi, il a refusé d'annoncer s'il allait lever les sanctions, malgré l'indignation suscitée par les allégations des agences de renseignement voulant que le Kremlin soit à l'origine des cyberattaques contre le Parti démocrate.
«Si Poutine aime Donald Trump, je vois ça comme un atout, et non un handicap, parce que nous avons une relation horrible avec la Russie», a lancé le futur 45e président des États-Unis.
Par ailleurs, Donald Trump s'est promptement impliqué dans les dossiers de politique étrangère en cette période de transition à la Maison-Blanche, contrevenant parfois au protocole diplomatique et contredisant l'administration sortante.
Il a notamment accepté un appel de la présidente de Taïwan, nonobstant la «politique d'une seule Chine» qui ne reconnaît pas la souveraineté de cette île.
Donald Trump a reconnu pour la première fois cette semaine que Moscou était derrière les cyberattaques perpétrées pendant l'élection présidentielle.
De hauts responsables du renseignement américain lui ont présenté des rapports non corroborés selon lesquels la Russie détiendrait aussi des informations personnelles et financières compromettantes à son sujet, selon un autre responsable américain. M. Trump a souligné que les services de renseignement seraient «gravement éclaboussés» si l'on apprend qu'ils sont responsables de ces fuites.