Jaganmohan Reddy montre aux médias une photo de son fils, Alok Madasani, qui a été blessé mercredi soir dans un bar du Kansas par un homme qui croyait faire feu sur des gens originaires du Moyen-Orient.

Un Américain tire sur deux Indiens, les croyant originaires du Moyen-Orient

Un Américain a tué un homme d'origine indienne et en a blessé un autre lors d'une fusillade au cours de laquelle il a hurlé «Sortez de mon pays», croyant les deux victimes originaires du Moyen-Orient.
Les deux victimes, qui travaillaient dans le secteur des hautes technologies, ont été visées dans un bar du Kansas, mercredi soir, alors qu'ils regardaient un match de sport à la télévision. L'un d'eux habitait aux États-Unis depuis plus de 10 ans.
Ce crime aux motivations apparemment racistes a créé l'émoi parmi la communauté indienne aux États-Unis, et jusqu'en Inde.
Les autorités ont inculpé le tireur présumé, Adam W. Purinton, âgé de 51 ans, d'assassinat et deux tentatives d'assassinat. Sa caution a été fixée à deux millions de dollars.
Il a été appréhendé après la fusillade dans un autre restaurant de cet État du centre des États-Unis, où il s'était vanté d'avoir tué deux hommes originaires du Moyen-Orient, selon le journal Kansas City Star.
Srinivas Kuchibhotla a été tué et Alok Madasani a été blessé. Ils étaient tous deux âgés de 32 ans et travaillaient pour le fabricant de GPS Garmin.
Crime raciste
La police fédérale américaine (FBI) a été chargée de l'enquête pour déterminer s'il s'agissait bien d'un crime raciste, ce dont les autorités ne sont pas encore absolument certaines.
L'organisation Hindu American Fondation a condamné cette attaque, demandant qu'elle soit traitée comme un crime raciste: «Toute autre chose serait une injustice pour les victimes et leurs familles», a-t-elle indiqué.
Le gouvernement indien a aussi fait part de son émotion. «Je suis choquée par la fusillade dans le Kansas», a ainsi écrit sur Twitter la ministre indienne des Affaires étrangères, Sushma Swaraj.
Un jeune homme de 24 ans qui a tenté de s'interposer a également été blessé au cours de la fusillade.
Cette attaque est survenue dans un contexte tendu aux États-Unis, qui ont connu une augmentation des délits racistes et antisémites ces derniers mois.
En novembre, dans les 10 jours suivant la victoire à la présidentielle de Donald Trump, qui avait usé d'un discours incendiaire durant sa campagne, une organisation américaine des droits de l'homme, le Southern Poverty Law Center, a dénombré 867 incidents racistes aux États-Unis, dont 100 à caractère antisémite.