Reince Priebus (à gauche) est remplacé par le général John Kelly au poste de secrétaire général de la Maison-Blanche.

Trump vire son secrétaire général Reince Priebus

Le président américain Donald Trump a cherché vendredi à remettre de l'ordre à la Maison-Blanche, minée par les échecs et déchirée par les querelles intestines, en remplaçant son secrétaire général Reince Priebus par le général John Kelly, jusqu'ici ministre de la Sécurité intérieure.
«J'ai le plaisir de vous informer que je viens de nommer le général/ministre John Kelly comme secrétaire général de la Maison-Blanche», a annoncé Donald Trump sur Twitter.
«Je voudrais remercier Reince Priebus pour son service et son dévouement au pays. Nous avons accompli beaucoup ensemble et je suis fier de lui», a ajouté le président américain dans un autre tweet.
Reince Priebus, 45 ans, est un cacique du parti républicain qui n'a jamais fait partie du cercle rapproché de Donald Trump.
Son départ intervient au terme d'un extraordinaire déballage des querelles à la Maison-Blanche depuis la nomination du nouveau directeur de la Communication Anthony Scaramucci, le 21 juillet.
Le nouveau maître la communication présidentielle s'en est pris avec une extrême vulgarité à son rival Reince Priebus, qualifié de «putain de schizophrène paranoïaque», dans une conversation avec un journaliste du New Yorker.
Le tout Washington avait du mal à en croire ses yeux en dévorant la retranscription des propos de celui qui devait incarner un nouveau départ pour une communication présidentielle souvent chaotique, parfois à cause des tweets du président Trump lui-même.
Anthony Scaramucci a aussi attaqué Steve Bannon, conseiller stratégique du président et proche de l'extrême droite américaine, dans un vocabulaire à caractère sexuel extrêmement grossier.
La démission la semaine dernière du porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, un allié de Reince Priebus, a isolé encore davantage le secrétaire général de la Maison-Blanche.
Échec humiliant
Le secrétaire général de la Maison-Blanche (Chief of Staff) est un personnage central de la présidence américaine. Il est le collaborateur le plus proche du président et veille au bon fonctionnement de l'administration.
Donald Trump a salué l'arrivée à ce poste de John Kelly qu'il a qualifié de «star de mon administration».
«C'est un grand Américain et un grand dirigeant», a ajouté le président au sujet de ce militaire de carrière, troisième général dans l'administration Trump.
John Kelly, 67 ans, prend les rênes d'une Maison-Blanche qui prend l'eau de toute part, obsédée par les «fuites» à la presse et minée par l'affaire des liens avec la Russie.
Surtout, Donald Trump vient d'essuyer un échec humiliant sur la réforme de la santé lors d'un vote au Sénat dans la nuit de jeudi à vendredi. Il aura suffi de trois sénateurs du parti présidentiel pour torpiller des mois d'efforts et sept ans de promesses des républicains de mettre à bas la loi Obamacare.
C'est John McCain, le vieux sénateur, héros de la guerre du Vietnam atteint d'un cancer du cerveau, qui a anéanti vendredi les derniers espoirs des républicains d'abroger et de remplacer rapidement la réforme phare de Barack Obama.
Le président - et les dirigeants du parti - ont été incapables de conclure l'affaire et de réconcilier les positions de l'aile la plus conservatrice et des modérés.
Les premiers voulaient une suppression pure et simple d'Obamacare et les seconds refusaient de lâcher la proie pour l'ombre et craignaient pour leurs administrés dont une vingtaine de millions risquaient de se retrouver sans couverture santé, selon les projections officielles.
Sanctions contre la Russie
Pour compliquer un peu plus la vie de M. Trump, le Sénat a adopté jeudi, à la quasi unanimité, des sanctions contre la Russie pour la punir d'avoir interféré dans l'élection présidentielle américaine.
Le président - qui tente depuis son élection d'améliorer les relations avec la Russie au grand dam de nombre d'élus qui voient dans Moscou un adversaire plus qu'un partenaire - peut opposer son veto mais ce serait une solution de courte durée, le Congrès pouvant le contourner.
En général, les présidents s'épargnent cette humiliation en apportant un soutien tardif à la législation.
Le texte de la loi a été transmis à Donald Trump dès vendredi par le Sénat.
La Russie, de son côté, a rapidement riposté. Moscou demande à Washington de réduire, à partir du 1er septembre, à 455 le personnel de son ambassade et de ses consulats en Russie, et suspend l'utilisation par l'ambassade américaine d'une résidence en périphérie de la capitale russe et d'entrepôts.
Vladimir Poutine, le président russe, avait promis une réponse à «l'insolence» des États-Unis.