Un puits de pétrole dans un site d’extraction près de Cotulla, au Texas. Le baril de 159 litres de pétrole brut coté à New York, qui s’échangeait encore à 60 $US en début d’année et à 18,27 $US vendredi soir, a finalement terminé à -37,63 $US après un plongeon épique, jamais vu sur le marché pétrolier.
Un puits de pétrole dans un site d’extraction près de Cotulla, au Texas. Le baril de 159 litres de pétrole brut coté à New York, qui s’échangeait encore à 60 $US en début d’année et à 18,27 $US vendredi soir, a finalement terminé à -37,63 $US après un plongeon épique, jamais vu sur le marché pétrolier.

Trump veut remplir la réserve stratégique de pétrole

WASHINGTON — Donald Trump a indiqué lundi que les États-Unis avaient l’intention de profiter de la chute historique des prix du pétrole pour remplir leur réserve stratégique.

«Nous remplissons notre réserve stratégique de pétrole [...] et nous pensons mettre jusqu’à 75 millions de barils dans les réserves elles-mêmes, ce qui les remplirait», a dit le président lors de son point de presse quotidien consacré à la pandémie de COVID-19.

Il a ensuite précisé qu’il allait soit acheter cette quantité de pétrole si le Congrès lui donnait le feu vert soit ouvrir à des tiers, la capacité de stockage qui fait cruellement défaut ailleurs, en échange d’une rémunération.

Les prix du brut se sont effondrés lundi. Le prix de certains barils de brut américain est même tombé en-dessous de zéro, les courtiers payant le client pour se débarrasser de la marchandise.

Le 13 mars déjà, le président avait déclaré qu’il avait l’intention de remplir à ras bord la réserve stratégique.

Au 17 avril, elle contenait 635 millions de barils et la limite autorisée est actuellement de 713,5 millions de barils.

Entreposée dans un complexe de quatre sites souterrains le long des côtes du golfe du Texas et de la Louisiane, dans le sud du pays, la réserve américaine a une capacité totale de stockage de 727 millions de barils.

Cet or noir est destiné à parer aux urgences, comme en 1991 au moment de l’opération Tempête du désert après l’invasion du Koweït par l’Irak, en 2005 après l’ouragan Katrina, ou en 2011 lors du soulèvement populaire de Libye.

D’autres ventes, plus ponctuelles, sont survenues ces dernières années pour renflouer le budget de l’État.

La valeur du baril de pétrole coté à New York WTI pour livraison en mai a chuté lundi en-dessous de zéro à la fin d’une séance infernale, les investisseurs cherchant désespérément à se débarrasser de certains barils dans un marché saturé.

Un phénomène qui est venu se combiner avec la chute brutale de la demande à cause de la paralysie économique provoquée par la pandémie.

Le contrat de WTI pour livraison en mai expirant mardi à la clôture, ceux qui en détiennent doivent en effet trouver au plus vite des acheteurs physiques.

Mais comme les stocks ont déjà énormément gonflé aux États-Unis ces dernières semaines, ils ont été contraints non seulement de brader leurs prix pour les convaincre de se saisir de leurs barils, mais de les rémunérer pour le faire.

Le baril de 159 litres de pétrole brut coté à New York, qui s’échangeait encore à 60 $US en début d’année et à 18,27 $US vendredi soir, a finalement terminé à -37,63 $US après un plongeon épique, jamais vu sur le marché pétrolier.

Le baril de WTI n’était jamais tombé en dessous de 10 $US depuis la création de ce contrat en 1983.

Les investisseurs cherchent désespérément à se débarrasser de leurs barils sur un marché saturé. La paralysie économique due à la pandémie de coronavirus a entraîné une chute brutale de la demande.

La situation devrait toutefois s’améliorer dans les jours à venir, estiment plusieurs analystes.

LA RUSSIE SOUPÇONNE UN CARTEL

Une entente ressemblant à un cartel pourrait être à l’origine de la chute historique des prix du pétrole, a estimé mardi le premier ministre russe et ancien président Dimitri Medvedev.

«Ce à quoi nous assistons en matière de contrats à terme sur le pétrole rappelle beaucoup une entente de type cartel», a écrit M. Medvedev sur sa page Facebook.

«À la lumière de notre expérience dans le domaine du gaz, nous suggérons de vendre le pétrole sur la base du “take or pay”. Nous sommes prêts à discuter de cette option avec nos partenaires», a ajouté le premier ministre.

Une clause «take or pay» (prendre ou payer) désigne, dans un contrat pétrolier, un accord par lequel un fournisseur s’engage à acheter une quantité minimale de pétrole, quels que soient ses besoins pour la période concernée. En contrepartie, le vendeur s’engage à fournir ce volume minimal à la date convenue. Les risques liés aux aléas (évolution des cours sur le marché et variabilité des besoins en énergie) sont ainsi partagés.  AFP