Le président américain Donald Trump, et le ministre de la Justice, Jeff Sessions

Trump veut la fin de l’enquête russe

WASHINGTON — Donald Trump a franchi une nouvelle étape dans sa surenchère verbale contre le procureur spécial Robert Mueller en exprimant fermement son souhait de voir son ministre de la Justice mettre fin à l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne électorale de 2016.

Dans un tweet, le président américain a estimé que Jeff Sessions «devrait mettre fin à cette Chasse aux Sorcières truquée, avant qu’elle ne salisse un peu plus notre pays».

La Maison-Blanche a dû tempérer le propos présidentiel au regard des vives réactions à cette intervention dans les affaires judiciaires. «Ce n’est pas un ordre, c’est l’opinion du président», a dit sa porte-parole Sarah Sanders.

M. Trump tente depuis plusieurs mois de discréditer cette investigation, qu’il juge minée par des conflits d’intérêts prêtés à Robert Mueller et qui empoisonne son mandat.

Le président américain veut «la voir arriver à sa fin», a insisté Sarah Sanders.

Les avocats du président se sont eux aussi employés à éteindre le début d’incendie. «Le président utilise les tweets pour exprimer ses opinions», a ainsi commenté Rudy Giuliani. «Il a pris soin d’utiliser le mot “devrait”», a-t-il ajouté.

M. Giuliani a par ailleurs assuré mercredi à des journalistes que l’équipe juridique de Donald Trump «négociait toujours» avec M. Mueller, au moment où ce dernier serait prêt, selon un article du Washington Post, à réduire le nombre de questions que ses enquêteurs poseraient au président américain si ce dernier consentait à être interrogé.

Jeff Sessions ne peut de toute façon techniquement pas arrêter l’enquête russe. Même si elle dépend de son ministère, il s’en est récusé en mars 2017 car il avait été l’un des principaux responsables de la campagne de Donald Trump en 2016.

C’est le n°2 de la Justice, Rod Rosenstein, qui a le pouvoir d’y mettre fin.

Dans le cadre de cette investigation, des agents et des personnalités russes ont été mis en cause. Mais quatre membres de l’ancienne campagne présidentielle de M. Trump sont aussi poursuivis pour des délits qui ne sont cependant pas directement liés à une éventuelle collusion avec Moscou.

Son ancien directeur de campagne, Paul Manafort, en fait partie. Son procès pour fraudes et blanchiment d’argent a commencé mardi dans la banlieue de Washington.