Après les violentes manifestations qui avaient suivi la mort de Michael Brown en août 2014 à Ferguson (Missouri), les images de fusils d'assaut pointés sur des civils ou de policiers juchés sur des véhicules blindés avaient suscité de vives réactions, nombre de voix s'élevant pour dénoncer une militarisation excessive de la police américaine.

Trump veut faciliter le transfert de matériel militaire à la police

Le président des États-Unis, Donald Trump, devait autoriser lundi l'élargissement des transferts de matériel militaire vers la police, revenant sur les restrictions mises en place par son prédécesseur démocrate Barack Obama.
Selon un responsable de l'exécutif américain, cette décision permettra de redonner une impulsion au programme créé en 1990 qui a permis, sur 25 ans, de transférer des équipements militaires aux forces de police pour un montant total de 5,4 milliards de dollars.
«Le décret que le président signera aujourd'hui vous permettra d'obtenir les équipements, dont vous avez besoin pour faire votre métier», a lancé le ministre de la Justice Jeff Sessions en annonçant cette initiative devant une organisation de policiers.
Selon ce dernier, le décret présidentiel enverra aussi «un message fort : nous ne laisserons pas les activités criminelles, la violence et l'anarchie devenir la nouvelle norme».
Après les violentes manifestations qui avaient suivi la mort de Michael Brown en août 2014 à Ferguson (Missouri), les images de fusils d'assaut pointés sur des civils ou de policiers juchés sur des véhicules blindés avaient suscité de vives réactions, nombre de voix s'élevant pour dénoncer une militarisation excessive de la police américaine.
Quelques mois plus tard, Barack Obama avait annoncé un encadrement plus strict du programme (connu sous le nom de programme 1033) qui permet au Pentagone de recycler ses équipements en les transférant aux forces de police qui en font la demande.
Ces équipements portent sur un large éventail allant des jumelles de vision nocturne aux véhicules blindés et à certaines armes et munitions. «Ces restrictions sont allées trop loin, a estimé lundi M. Sessions. Nous ne mettrons pas des préoccupations superficielles au-dessus de la sécurité publique.»
Le sénateur républicain Rand Paul a exprimé son profond désaccord avec cette mesure. «Encourager la collaboration entre les agents fédéraux et les autorités locales pour réduire la criminalité est une chose. Mais subventionner la militarisation [de la police] est quelque chose de complètement différent», a-t-il déploré sur Twitter.